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France aux 4 coins du globe

26 janvier 2015

Pacific Coast Highway 1

Pacific Coast Highway 1

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Comme précisé en terminant notre post sur « Frisco », c’est après une courte, très courte nuit même que nous mettons le cap vers la « Pacific Coast Highway 1 » plus simplement appelée « Highway 1 ».

Construite en 1934, elle longe la côte pacifique sur plus de 880 km et est connue pour ses vues plongeantes sur l’océan.  Quand on dit « longe », c’est au sens propre du terme car plus près de l’océan c’est « dans l’océan »…  Il est préférable, surtout la nuit, de ne pas avoir un petit verre dans le nez si on ne veut pas se retrouver quelques dizaine de mètres plus bas.  Catherine et France ont d’ailleurs eu quelques frayeurs en fin de journée…

Pour l’heure, c’est au lever de soleil que nous abordons les premiers lacets de la route à la recherche d’une incontournable nouvelle expérience de petit-déjeuner à l’Américaine.  A peine sortis de San Francisco nous nous arrêterons en bordure de route chez un petit épicier où nous espérons trouver de quoi nous restaurer.  La « scenic route » ne nous offre pour l’instant que de piètres vues surtout lors de la traversée de bourgades implantées çà et là et plutôt comparables à des « townships ».  Le petit commerce est tout aussi déprimant.  Nous le quittons rapidement sans pouvoir nous restaurer.  Jamais déçus par nos petits déjeuners dans les stations essence, nous décidons de nous arrêter à la suivante d’autant que notre jauge réclame également un ravitaillement.  Il n’y a pas le feu, l’ordinateur de bord indique une autonomie d’une bonne centaine de « miles » (plus de 160km).  Un peu plus loin, une pancarte indique qu’une station essence se situe à 20 miles…  Hummmm on va bientôt manger…  30 miles plus loin toujours aucune station en vue.  Aurait-on été distraits ?  No stress, une nouvelle indication renseigne une station à environ 40 miles.  La jauge diminue mais on a encore de quoi voir venir.  L’inquiétude croît, non pas que nos estomacs crient famine mais, sans pompe, c’est à pied que nous devrons poursuivre notre route…  Au passage d’une sortie de la Highway j’aperçois une toute petite pancarte avec un dessin d’une pompe essence... Et oui, rien sur la route principale mais sur le bord de la sortie et effectivement à l’échéance des 40 miles…  Nous venons donc de comprendre que nous aurions du sortir au bout de 40 miles comme indiqué.  Trop tard, impossible de faire demi-tour et l’ordinateur de bord indique  « ---M», autrement dit moins de 30 miles ! Nous croisons les doigts en espérant qu’une sortie se présentera avant l’arrêt du véhicule et que nous trouverons un petit bled avec pompe.  Avant de rejoindre l’océan, la Highway 1 est vallonnée depuis San Francisco.  Pour diminuer notre consommation, je m’efforce d’éviter tant que faire se peut les variations de vitesse.  Notre salut viendra d’un petit hameau appelé « Scott’s Valley ».  Non seulement l’endroit est pourvu de 2 pompes mais l’une d’entre elle est voisine de « Auntie Mame », une enseigne familiale vantant la réputation d’un petit déjeuner servi toute la journée depuis plus d’un siècle…  L’endroit est tout simplement remarquable et, gage de qualité, on fait la file jusqu’à l’extérieur malgré une petite pluie… 

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Aunte Mame's Scott's Valley 2

L’établissement est complet et une fois la porte franchie on fait face à une petite ardoise sur un trépied où, à la craie, on inscrit son nom et le nombre de personnes.  Chaque fois qu’une table se libère on vient vous chercher et la maîtresse des lieux efface ensuite votre nom.  Le restaurant n’est fréquenté que par des locaux et de rares étrangers qui, comme nous, semblent y avoir atterri par pur hasard…  Au mur, un vieux tableau reprend les tarifs d’époque comme le café à quelques cents ou le steak pour moins de deux dollars.   Nous prendrons le plus copieux de nos petits déjeuners américains et dégusterons ainsi des french toasts avec assortiment de confitures, des pancakes avec différents sucres, chocolat, miel et sirop d’érable, des saucisses, du bacon, des œufs sur le plat, des œufs brouillés et un gros steak haché avec une sauce tomate pimentée.  Comme partout ailleurs, le café est à volonté.

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Repus, nous reprendrons la direction de l’océan où nous attendent de grosses otaries dans la petite ville de Monterey.   Cette ancienne capitale de la Californie jusqu’en 1849 est réputée pour abriter un des plus grands aquariums des Etats-Unis,  ainsi qu’un centre de recherche scientifique sur la faune océanique qui profite de la biodiversité offerte par un canyon sous-marin situé juste au large de ses côtes.   Centre de la pêche à la sardine et de l’industrie de conserves jusque dans les années 1950, la ville vit aujourd’hui du tourisme.  Pour digérer notre copieux petit-déjeuner nous la traverserons à pied et tenterons vainement d’apercevoir, au large, les loutres de mer tant appréciées de Catherine.  Inutile de préciser que les prix pratiqués sont prohibitifs et l’entrée à l’aquarium flirte avec les 40€/pers et l’heure de parking en centre-ville n’a rien à lui envier… 

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Les surfeurs se donnent rendez-vous à la sortie de la ville au plus grand plaisir des touristes et photographes.

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Après une balade d’environ 2 heures nous reprenons la route en direction de « Pacific Grove ».  Nouvel exemple de la préparation pointilleuse de Dame Catherine.  En effet, il y a fort à parier que si vous suivez les itinéraires conseillés par les agences et leurs « Roads books » chers et vilains pour analphabètes alors vous passerez à côté d’une curiosité Locale pour le moins surprenante, « The monarch grove sanctuary ».  Les amateurs de nature sauront directement de quoi je parle mais pour les autres, qui sait ce qu’est un « Monarque » ?  Il s’agit d’un papillon migrateur se déplaçant en groupes de millions d’individus sur plus de 4000 km.  Durant leurs périples ils font étape aux mêmes endroits, année après année, génération après génération.  Leurs points de chutes sont de grands arbres comme des pins, des cyprès ou des eucalyptus.  A l’instar des baleines, des saumons ou de nombreux oiseaux, ils empruntent invariablement les mêmes routes aux mêmes moments de l’année.  Une récente étude nous révèle qu’ils s’orientent grâce à la position du soleil et au champ magnétique de la terre.  Ils parcourent près de 200 miles par jour et mettent plusieurs mois pour atteindre leur destination.  Pour passer la nuit en toute sécurité, ils se regroupent à bonne hauteur dans leurs arbres favoris, profitant des derniers rayons du soleil couchant. 

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Le sanctuaire de « Pacific Grove » se situe en bordure de ville, derrière une petite école primaire.  Pour y accéder nous empruntons un petit passage entre une habitation privée et une grande haie.  Les lieux sont seulement indiqués par une petite pancarte en bois peinte.  On n’y arrive donc pas par hasard et il nous fallut faire preuve de persévérance pour le trouver.  Il faut dire que nous tenions à ne pas rater le spectacle car celui-ci ne dure que quelques jours et nous avons l’immense plaisir d’être au rendez-vous.  L’œil de sioux de Catherine nous a bien servi.  L’éphémèrité du phénomène attire passionnés et protecteurs en tout genre.  Le premier samedi d’octobre, l’école de Pacific Grove tient sa « Butterfly Parade ».  Déguisés en papillon, élèves et professeurs célèbrent le retour des Monarques. 

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A première vue on ne remarque rien, mis à part quelques spécimens virevoltants d’arbres en arbres.  Un membre du comité de protection du sanctuaire de Pacific Grove, muni d’une longue vue sur pied nous ouvrira les yeux sur ce que la magie du camouflage nous cachait.  Des grappes immenses de plusieurs milliers d’individus pendent à gauche à droite.  Pour se protéger des oiseaux, les monarques ont développé un poison qui tuerait instantanément le moindre gourmand. 

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Après ce moment unique et privilégié, c’est à regret que nous quittons Pacific Grove ; charmante bourgade victorienne parsemée de splendides demeures en bois colorées.                             

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Nous mettons le cap sur « Carmel ».

Cette partie de la côte a été prise d’assaut par des millionnaires voire même milliardaires.  Nous avons le choix entre un petit détour ou une route payante car privée qui coupe au court, la « 17-Mile Drive ».  En effet, les richissimes américains y habitant ont même acheté la route uniquement bordées d’immenses propriétés et de golf.  Vous aurez compris que, plus attirés par les constructions de « Dame nature » que par celles de l’homme, nous éviterons la « 17-Mile Drive ».

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Carmel est une ravissante localité de 4000 habitants.  Fondée en 1902 par des artistes, elle est toujours fréquentée par ceux-ci.  De nombreuses galeries d’art se partagent les rues avec des boutiques de luxe. 

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Très touristique les prix s’en ressentent une fois de plus et, les discrètes agences immobilières illustrant leurs propriétés par des peintures réalistes au lieu de photos, nous apprendront que, pour une petite habitation sans prétention en centre-ville, vous devrez envisager une dépense avoisinant le million de dollars mais, si vous désirez une demeure plus spacieuse, sans voisin proche et en bordure d’océan alors il vous faudra prévoir un strict minimum de 10 millions de dollars.  Outre le célèbre Jack London, Carmel est également connue pour avoir eu comme maire un certain « Clint Eastwood » de 1986 à 1988.  Autre particularité de la ville, une loi locale a décrété que les feux de signalisation étaient très laids et ont donc été bannis.  Seuls les stops gèrent les carrefours.  Les boîtes aux lettres étant, elles aussi, considérées comme laides et ne s’inscrivant pas dans le paysage y ont été interdites.  Les habitants se rendent ainsi régulièrement au bureau de poste pour aller chercher leur courrier.  Une autre loi très locale également vise à protéger les arbres.  C’est ainsi qu’il est formellement interdit de couper la moindre pousse et si vous êtes attentif vous constaterez que, comme souvent aux USA, on ne rigole pas avec la loi et plusieurs barrières ont ainsi été découpées pour permettre aux branches de s'épanouir en toute liberté…

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Après une agréable promenade en ville en dégustant une pâtisserie locale et en nous plaisant à imaginer y passer une paisible retraite, nous avons rejoint notre fameuse « Pacific Highway 1 ».  A cet endroit, la route est la plus proche de la côte en bord de falaise.  A plusieurs reprises nous stopperons pour escalader quelques rochers s’avançant dans l’océan en espérant voir une petite troupe de loutres de mer.  Notre obstination sera finalement récompensée même s’il me faudra utiliser mon plus gros zoom pour vaguement distinguer « les petits bouchons » flottant au milieu d’une forêt de kelp en cassant des coquillages sur leur petit bidou …

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Pour éviter un trop grand détour à la construction de la route, plusieurs ponts sont accrochés entre deux avancées rocheuses. 

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Certains tournants sont équipés d’une petite barrière de protection mais cela reste une minorité. Depuis le début de notre séjour, nous n’avons jamais été pressés par le temps si ce n’est lors de notre correspondance à « JFK »… (Voir chapitre : « Destination : « Los Angeles » )  Durant cette journée, nous avons particulièrement flâné et, finalement, peu avancé.  Doucement le soleil se couche et nous avons encore environ 150km à parcourir.  Le trajet très sinueux en bordure de falaise et dans l’obscurité sera assez éprouvant pour Catherine et France qui, à plusieurs reprises, crieront comme dans une montagne russe en nous imaginant plonger et exploser en nous fracassant sur les rochers…  Vous voyez l’image typique des films Hollywoodiens ?

Accident falaise

Bref aperçu de la situation avant qu'il ne fasse trop sombre :

https://www.facebook.com/video.php?v=10205700015729173&set=vb.1518488125&type=2&theater

Après plus de deux heures de route c’est sains et saufs et avec un grand soulagement que nous arrivons à San Simeon au « Sands by the Sea ».  Les lieux n’ont rien de particulier mais l’hôtel est sympathique à l’image de l’accueillante patronne.  San Simeon est construit de part et d’autre de la route et vit uniquement de son éloignement de toute ville digne de ce nom ce qui en fait une halte de choix pour les usagers de la Highway 1.  D’ailleurs, ici, vous ne trouverez que des hôtels, restaurants, petits magasins et pompes essence.  Nous choisirons le Manta Rey.  Une fois de plus nous mangerons finement pour pas grand-chose.  Catherine et moi avons commandé d’exquis linguini aux palourdes sauce crème et vin blanc, quant à France un penne carbonara.  C’est simple mais des pâtes fraîches, des coquillages parfaitement cuits, un assaisonnement idéal et une sauce juste parfaite pour un plat entre 8 et 9€ nous font dire que certains commerces s’en mettent plein les poches quand ils nous servent un spaghetti bolo pour 13€…

Demain, nous poursuivrons la Highway 1 pour boucler la boucle et rejoindre Los Angeles… à suivre.

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9 novembre 2014

Frisco

Frisco.

 

Golden Gate

 

 

 San Francisco... rien que cela !!!  Combien d'images médiatiques, de noms célèbres et de références cinématographiques ne peut-on réunir en une seule ville.  Du « Golden Gate », projet colossal resté des années durant le plus long pont suspendu du monde à la Silicone Valley (Apple, Google, Facebook, Intel, Hewlett-Packard…) berceau de la haute technologie dont le PIB équivaut à lui seul celui d’un pays comme le Chili en passant par Alcatraz que l’on ne présente plus, « Frisco »  est la quatrième ville des USA en population et la deuxième en densité.  La ville accueille également les prestigieuses universités de Stanford et Berkeley, les « 49ers » au football américain, les « Giants » au baseball et les « Warriors » au basket-ball.  Son légendaire « Cable car » n’est plus à présenter et est l’une des curiosités les plus appréciées des touristes au même titre que ses maisons victoriennes plus connues sous le nom de « old painted ladies ».  Comme dans toutes les grandes villes au monde, « Frisco » a son « Chinatown » considéré comme le plus pittoresque des States ! 

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Hollywood n’est pas en reste non plus, « Le prisonnier d’Alcatraz » avec Burt Lancaster et Karl Malden en 1962, « Bullitt » en 1968 avec Steeve Mc Queen et Jacqueline Bisset et la célèbre course poursuite en Mustang passant, entre autre, par la mythique Taylor Street» (Voir plus loin où je me prends pour Mc Queen…), « Prends l’oseille et tire-toi » de Woody Allen en 1969, « L’inspecteur Harry » avec Clint Eastwood en 1971, « Conversation secrète » de Francis Ford Coppola avec Gene Hackman en 1973, « Magnum Force » avec Clint Eastwood qui reprend du service dans le rôle de l’inspecteur Harry, « La tour infernale » avec une pléiade d’acteurs en 1974,  le troisième retour de Clint Eastwood dans « L’inspecteur ne renonce jamais » en 1976, « L’invasion des profanateurs » avec notamment Leonard Nimoy et Jeff Goldblum en 1978, « L’évadé d’Alcatraz » en 1979 avec une fois encore Clint Eastwood, « 48 Heures » avec Nick Nolte et Eddie Murphy en 1982, « Le retour de l’inspecteur Harry » en 1983 avec… Clint Eastwood, « Dangereusement vôtre » avec Roger Moore dans le rôle de James Bond en 1985, « Star Trek 4 : Retour sur Terre » de et avec Leonard Nimoy et avec William Shatner en 1986, « L’inspecteur Harry est la dernière cible » avec Clint Eastwood bien sûr en 1988, « 48 heures de plus » toujours avec Nick Nolte et Eddie Murphy en 1990, « Fenêtre sur Pacifique » avec Melanie Griffith et Michael Keaton en 1990, « Basic Instinct » avec Michael Douglas et Sharon Stone en 1992, « Madame Doubfire » avec le regretté Robin Williams en 1993, « Meurtre à Alcatraz » avec Christian Slater et Kevin Bacon en 1995, « Rock » en 1996 avec Nicolas Cage et Sean Connery, « The Game » avec Michael Douglas et Sean Penn en 1997, « Le flic de San Francisco » avec Eddie Murphy en 1997, « Le célibataire » en 1999 avec Renée Zellweger, « Sweet November » avec Keanu Reeves et Charlize Theron en 2001, « Un mariage trop parfait » avec Jennifer Lopez et Matthew Mc Conaughey en 2001, « Instincts meurtriers » avec Samuel Lee Jackson, Andy Garcia et Ashley Judd en 2004, « A la recherche du bonheur » avec Will Smith en 2006, « Zodiac » en 2007 avec Robert Downey JR… constituent les principaux tournages ayant pris pour décor les rues de San Francisco, sans oublier la série et le dernier film en date du même nom.

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Revers de la médaille, « Frisco » abrite un grand nombre de SDF dont une grande majorité refuse l’aide des pouvoirs publics.  A cela vient s’ajouter une politique de récession dans les années 80 où Ronald Reagan a fait fermer un grand nombre de centres qui s’occupaient de vétérans du Vietnam les abandonnant à leur triste sort, sans remerciement aucun pour les services rendus.  Résultat, la ville détient le triste record de « homeless » et schizophrènes de la planète.  Vous ne ferez pas 100 mètres sans croiser un mendiant, un handicapé sévère, unijambiste ou aveugle perdu au milieu d’un carrefour ou à la dérive à contre sens de la circulation, un excité vous agressant verbalement parce que vous avez un t-shirt bleu ou rouge ou juste parce que vous le regardez, un drogué cadavérique, édenté et manifestement en bout de course qui ne cachera même plus sa quête en affichant un panneau : « no lies, just need beer »,…et j’en passe. 

Par convenance et décence je n'ai pas tenu à tirer de clichés de ces gens mais le clash entre leur univers et le nôtre est déconcertant et en ferait réfléchir plus d'un,  habitués à se plaindre d'aise...  Les trois photos ci-dessous sont tirées d'internet et ne représentent qu'un pâle aperçu de la réalité. A posteriori, je me dis que l'écriture de ce blog est motivé par la réalisation du livre souvenir de France mais, que toute proportion gardée, il tire également sur le reportage.  A ce titre, je me dois donc de faire fi de certaines considérations morales et rapporter tout, l'agréable comme le moins beau...

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Cette population a tellement gangréné la ville qu’elle passe maintenant totalement inaperçue, au point que San Francisco a la réputation d’être la plus tolérante des Etats-Unis et, quel que soit votre look, votre singularité ou différence, personne ne se retournera sur vous.  On y tournerait « Men in black » que le « neuralyzer » n’y aurait aucun intérêt…   

Nous logeons en plein centre-ville.  Tout comme dans notre petit coin de paradis Marchinois, nos nuits dans les parcs et déserts ont été des plus silencieuses et reposantes si ce n’est, par moment, une clim un peu trop bruyante.  En ville, ce sera tout différent d’autant que nous sommes en période d’Halloween et qu’une surprise de taille, rassemblant des milliers de personnes animera les rues de jour comme de nuit…  Pour couronner le tout, notre chambre est située juste à côté du seul et vieil ascenseur de l’hôtel et la machine à glaçons de l’étage est accolée à un de nos murs.  

C’est dans Financial District que nous prendrons le dîner. 

Osha Thaï est situé dans le quartier branché des affaires, il offre une cuisine raffinée et fusion.

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Sashimi de saumon et canard au miel pour France, une salade de bœuf de Kobe, nouilles sautées de bœuf aux épices et pad thaï pour moi et Catherine. 

Un régal, les saveurs nous rappellent celles goûtées il y a à peine an…

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Après une courte nuit, je fais un petit café à mes princesses et nous décidons de prendre le petit-déjeuner dans « Chinatown ».  En ville, le parking est toujours payant et il n’est pas possible de se garer ailleurs que dans des emplacements privés (question de sécurité) pour un prix variant de 25 à 90$/nuit.  Notre parking nous ayant coûté 35$, nous décidons d’y laisser notre Grand Cherokee et de visiter le centre de « Frisco » à pied grâce aux transports en communs.  Notre attirance naturelle pour l’Asie ne nous autorisait pas à passer à côté du « Chinatown » le plus réputé des USA.  Inutile de préciser que Catherine dispose du plan de la ville bien en tête et que, dès la sortie de l’hôtel, elle nous dirigera en direction de l’incontournable « Cable car » qui nous y conduira.  A peine sortis, nous entrons sur un grand boulevard qui, à notre grande surprise, est noir de monde alors qu’il est à peine 7h du mat. 

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L’artère semble interdite à la circulation et est bordée de barrières nadar.  Le ciel est très menaçant mais cela ne  semble inquiéter personne.  Certains crient, d’autres chantent et tous arborent les couleurs orange et noir ce qui nous fait penser qu’il s’agit probablement d’une fête locale liée à Halloween.  Seuls les véhicules de la police, du corps des pompiers et les ambulances empruntent, toutes sirènes hurlantes, Market Street.  Tous les 2 à 300 cents mètres, nous croisons une camionnette de la télévision, des caméras et présentateurs prêts à intervenir. 

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Mêmes les SDF, schizophrènes et autres exclus semblent à la fête.  

Catherine, généralement si bien renseignée est tout aussi perdue que France et moi, est-ce une manif ?     Un temps nous hésitons à poser la question de savoir ce qu’il se passe de peur de passer pour de vrais extra-terrestres tant la raison de cette agitation paraît évidente.  Tant pis, je me lance, n’est-on pas dans la ville de la tolérance ?  Je regarde bien autour de moi et m’approche d’un couple de jeunes d’une trentaine d’années.  Lorsque je leur demande ce qu’il se passe, je comprends directement à leurs têtes déconfites que je viens de poser « LA question » que même E.T. ou Alf n’auraient pas posée...  Un long silence suit et ils me regardent des pieds à la tête en se demandant si je suis en train de me moquer d’eux ou si je sors d’un coma prolongé…  Au lieu de me répondre ils me demandent à leur tour : « Where are you from ? »  Ouille, là c’est certain ils me prennent pour un vrai taré.  Habituellement, très fier de mes origines françaises et également parce que les Américains connaissent mieux la France que la Belgique, je réponds « I’m from France ».  Mais là, je ne peux faire cela à mes compatriotes et les faire passer pour des débiles, il faut donc trouver un subterfuge…  Je réponds donc « I’m from Belgium ».  Ouf, ils ne connaissent pas et vu leurs têtes je vois bien qu’ils pensent que « Belgium » est dans une autre galaxie et que je suis passé entre les mailles du filet des « Men in black »…  Tout naturellement ils me disent : « The Giants are champions » et se retournent probablement pour éviter toute autre question « débile » de ma part.  Cool, je sais maintenant que les « Giants » sont champions mais champions de quoi ?  Oserais-je me renseigner ?  Allez zou, au diable le ridicule, je cherche d’autres victimes.  Un gars d’une cinquantaine avec une jeune demoiselle à ses côtés feront l’affaire.  L’air décontracté, je m’avance et commence par présenter mes excuses pour la question qui va suivre mais que j’aimerais savoir si les « Giants » jouent au basket ou au baseball…  Directement ils me confirment que c’est du Baseball et qu’ils viennent de remporter le « World Series Champions »  pour la troisième fois ces 5 dernières années.  Cette compétition est le pendant de la coupe du monde de football.  A ce moment précis j’ai compris que les « Giants » étaient au Baseball ce que la « Seleçäo » est au football et que je venais en plus de demander à un Brésilien s’il jouait au football ou au rugby…  D’autant qu’avec un minimum d’observation, personne ne portait le « marcel » du basketteur, des photos de joueurs de baseball décoraient les magasins, lampadaires et murs de la ville, les gens se promenaient avec des battes et des gants,…etc.  En plus d’être d’une autre galaxie, je passais pour un crétin… 

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Du coup, à la question inévitable : « Where are you from ? » j’eus envie de répondre que je m’appelais « Bart De Wever et que je venais d’Anvers en Belgique » mais je me contentai de « Belgium » et, comme pour me dédouaner de mon ignorance, de préciser que le baseball n’était pas pratiqué chez nous…  Visiblement, ils ne m’en tinrent absolument pas rigueur et semblaient même convaincus de notre bonne foi sans remettre en cause nos facultés intellectuelles.  Le père nous précisa fièrement que c’était la première fois que sa fille ratait une journée d’école depuis 6 ans mais que cela en valait vraiment la peine, ce à quoi je ne pus seulement répondre que France loupait également l’école mais que leur pays en valait également le coup.  En quelques mots la flatterie venait de m’aider à passer du crétin congénital au sympathique touriste européen. 

Nous frayant un chemin parmi la foule de plus en plus dense, nous repartons en direction de « Chinatown ».  Je vous passe les détails de tous les excentriques que nous croiserons et reprendrai notre récit au pied du « Cable Car ».  Comme dans toute ville, non seulement rien n’est gratuit mais surtout tout est cher…  Les quelques centaines de mètres en « Cable Car » reviennent à 6$/pers.  Soit, l’expérience est unique, le cadre également et la pente est raide alors embarquons !

Vidéo du "Cable Car" :

 https://www.facebook.com/video.php?v=10205198662755662&set=vb.1518488125&type=2&theater

 

 

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Après 200 mètres d’ascension, nous devons stopper car un camion bloque notre progression.  Malgré 10 minutes de vaines recherches, il nous faut constater que le chauffeur-livreur est introuvable et notre « Cable Car » doit se résoudre à faire marche arrière, le temps que la police libère la route.  Nous sommes dès lors contraints de rejoindre Chinatown à pattes…  De nouveau à hauteur du camion, responsable de notre marche forcée, nous croisons le chauffeur venu récupérer son véhicule.  Une vieille chinoise ayant, elle aussi, dû faire le trajet à pied à cause de lui, commença à l’insulter dans un dialecte tout à fait inconnu mais dont le ton trahissait à merveille la rage qui l’envahissait.  Lui n’en n’avait cure et pris même le temps de passer un coup de fil avant de libérer le passage.  Arrivés au deux tiers de la montée nous avons vu repasser notre « cable car » avec des passagers plus chanceux ce qui eut pour conséquence de relancer les grognements de notre petite vieille asiatique. 

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A notre grande surprise,  Chinatown est désert et la petite pluie qui s’est décidée à tomber nous refroidit assez bien d’autant qu’aucun de nous n’est chaudement vêtu. 

Chinatown

Nous entrons dans le premier « magasin » (tirant plutôt sur la « pharmacie traditionnelle »)  qui vient d’ouvrir ses portes et tombons dans une véritable « caverne d’Ali baba » où, comme je le craignais, on refusa que je prenne des photos…  On m’a interdit de prendre des photos mais pas de filmer…  Ci-dessous quelques images volées au passage comme j’ai pu.  (Pas bien ça…oups) 

Vidéohttps://www.facebook.com/video.php?v=10205198734917466&set=vb.1518488125&type=2&theater 

Le magasin est rempli de grands bocaux avec des inscriptions en chinois et de temps en temps une étiquette en anglais.  Généralement les prix varient en fonction de la grosseur ou de la maturation des produits.  Ainsi un produit séché depuis de nombreux mois sera plus cher.  Vous pourrez y acheter des cornes entières, en rondelles ou en poudre, des centaines de variétés de champignons, d’hippocampes, de pétoncles et concombres de mer de toutes tailles, le plus souvent séchés (voir explication ci-dessous), un nombre incalculable d’insectes, de vers et d’organes en tous genres...   

Concombre de mer

Le concombre de mer : 

 

  1. 1.    Le concombre de mer, une holothurie en termes scientifiques, n’a rien d’un légume. C’est un animal marin qui peut mesurer de deux centimètres à deux mètres de longueur ! Loin d’être un champion de la vitesse, il avance à la manière d’une limace, de 15 ou 20 cm par heure en moyenne.
  2. 2.    Le concombre n’a pas de poumons. Pour respirer, il pompe l’eau de mer par son anus. L’oxygène contenu dans l’eau est transféré à un système respiratoire interne. Le système redirige ensuite l’oxygène vers les cellules du concombre.
  3. 3.    On peut décrire le concombre de mer comme un tube de muscle mou couvert de pattes. Il possède une bouche entourée de tentacules à une extrémité, et un anus à l’autre. Certaines espèces possèdent des dents qui protègent l’entrée de leur derrière
  4. 4.    Certains poissons s’en servent comme hôtel. Ils s’installent confortablement dans ses intestins en entrant par son arrière-train. Ils vivent à l’intérieur du pauvre concombre en dévorant ses organes internes. Ils ont même droit à un buffet à volonté puisque le concombre a la faculté de se régénérer !
  5. 5.    Le concombre de mer n’est pas que bizarre, il sert aussi à l’humain. On le pêche pour en faire du dentifrice, du shampoing, des médicaments et… de bons petits plats. Chaque année, les Chinois en mangent jusqu’à 3 000 tonnes, séchées ou salées ! Au Canada, on pêche le concombre de mer dans les eaux de Terre-Neuve.
  6. 6.    Les concombres de mer ont beau être mollassons, ils sont adaptés à toutes les températures. Ils vivent autant dans l’Antarctique que dans l’océan Indien, autant dans les abysses que dans les eaux peu profondes.
  7. 7.    Le concombre n’a pas fini de nous épater. Dans les dernières années, on en a découvert plus de 30 nouvelles espèces. 

Toutes ces petites bêtes m’ont vraiment mis en appétit alors il est grand temps de partir à la recherche de notre petit déjeuner dans un Chinatown qui doucement s’anime.  La pluie a redoublé d’intensité, nous commençons à être vraiment trempés et notre tenue pour le moins estivale en étonne plus d’un…  Dans le haut de la ville les magasins de souvenirs, gadgets et autres pharmacies font place aux petits commerces de nourriture.  On y trouve un peu de tout, du concombre frais aux poissons dans les aquariums géants ou tortues que l’on choisit vivantes… 

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Sages nous rentrerons d’abord dans une espèce de petite boulangerie où nous commanderons 2 cafés et 2 petites pâtisseries que nous dégusterons debout en slalomant entre les clients servis et ceux qui attendent patiemment… Le petit café nous réchauffera mais la mise en bouche n’a pas suffi à rassasier notre petit T-rex de France.  En sortant nous sommes…enfin surtout France est attirée par une odeur de canard laqué, vous voyez l’image du « toon » attiré par une odeur alléchante… c’était exactement cela ! 

C’est ainsi que France s’est enfilé un quart de canard laqué à elle seule, nous avons juste eu droit à le goûter. Catherine et moi avons dégusté de superbes dim sum de compétition pour à peine 3$. 

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Le premier petit magasin était surprenant, le petit-déjeuner très sympathique mais ensuite…  il faut bien reconnaître que nous sommes restés sur notre faim.  Honnêtement nous n’avons pas trouvé Chinatown terrible.  On se serait plutôt cru dans un « Matonge » asiatique … 

Refroidis tant par les conditions climatiques que par le quartier, nous décidâmes de rejoindre le centre-ville, « downtown » comme on dit ici.  C’était sans compter sur l’animation des World Series qui rendait le bas de la ville quasi inaccessible.  Les barrières « nadar » avaient transformé «downtown » en un véritable labyrinthe où les fans se pressent aux premiers rangs en attendant le passage de leurs vedettes, les télévisions font leurs réglages et interviewent les passants, les vendeurs de rue se font une concurrence sur la vente de casquettes, t-shirts, parapluies, battes gonflables, balles, gants,…aux couleurs orange et noires des Giants. 

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Les BBQ de rue se succèdent et il est possible de grignoter des hot-dogs tous les 50 mètres. 

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Les « schizos » se sont donnés rendez-vous et semblent encore plus excités par la foule.  Après un détour de plus de 3km, nous sommes enfin à notre chambre d’hôtel où je prendrai une bonne douche avant de suivre durant 15-20 minutes la retransmission du défilé, en live sur toutes les chaînes, des « Super stars » du baseball.

Extrait de la retransmission :

https://www.facebook.com/video.php?v=10205199085006218&set=vb.1518488125&type=2&theater

 

Evitant Civic Center toujours bouclé par la police, c’est en voiture que nous nous dirigeons ensuite vers Alamo Square, célèbre pour son alignement de jolies maisons victoriennes baptisées affectueusement « old painted ladies ».

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Les places de parking sont décidément une denrée rare à San Francisco, je décide donc de laisser France et Catherine aux abords du parc afin de prendre quelques clichés pendant que je tournerai comme satellisé autour d’Alamo Square…

Le temps n’étant pas de la partie, les filles ne s’attardent guère et nous filons ensuite vers Russian Hill.  

Inspiré par quelques films mémorables, j’ai hâte de m’essayer à dévaler les impressionnants dénivelés de Taylor Street plongeant vers la Baie avec en toile de fond l’île d’Alcatraz…

 

Remake de "Bullit" à une allure raisonnable pour ne pas trop attirer l'attention :

https://www.facebook.com/video.php?v=10205199552537906&set=vb.1518488125&type=2&theater

 

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Nous gravissons d’abord Filbert Street, rue la plus abrupte de San Francisco affichant une pente de 31,5 %, flânons ensuite dans les boucles de Lombard Street pour atteindre le lieu du tournage de Bullitt…

 

"Lombard street"

 https://www.facebook.com/video.php?v=10205198821439629&set=vb.1518488125&type=2&theater

(Au milieu de la photo de "Lombard street", vous pouvez remarquer un véhicule n'ayant pas respecté le "Do Not enter" (Sens interdit) et qui peinera à redescendre en marche arrière...) 

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Avant que le soleil ne se couche, il est temps de se diriger vers le Presidio et le Golden Gate Bridge que nous admirerons de Baker Beach.

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Même si Fisherman’s Wharf est réputé pour être très, voire trop touristique, cet ancien quartier de pêcheurs mérite le détour, ne fut-ce que pour ses célèbres otaries du Pier 39…

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C’est au « Crab House » que nous prolongerons notre soirée, profitant de la lumière qui décline sur le Golden Gate et les cris des otaries dans le couchant.

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Au menu le « festin de killer crabe » rôti à la sauce à l’ail dont la maison a le secret…  Un vrai délice !

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Vidéo des otaries au "Pier 39" :

https://www.facebook.com/video.php?v=10205199654660459&set=vb.1518488125&type=2&theater

Après une plus courte nuit encore que la veille, fêtes d’Halloween et Giants obligent, c’est avec empressement que nous mettrons le cap vers la Pacific Coast Highway 1.

 

Les villes ne sont décidément pas notre tasse de thé… à suivre.

 

7 novembre 2014

Yosemite

Yosemite.

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Tout autour de nous, un paysage comparable à celui que nous avons connu en Afrique du Sud avec moins d’urbanisation, de saletés et de bidonvilles… Mais pourquoi donc notre Chad a-t-il couru si loin, son pays étant si varié et intact… ?

De grandes barrières cernent de superbes propriétés ; ranchs ou vignobles. 

L’entrée sud du parc de Yosemite (prononcez ici «Yosemiti ») marque un changement radical.  Premier site protégé du monde grâce au président Lincoln, il abrite une faune et flore variées.  Séquoias géants, cèdres, torrents, falaises, cascades, panoramas incroyables… le paysage de montagnes de l’Ouest américain par excellence ! Sa faune variée compte environ 80 espèces de mammifères dont un marsupial, l'opposum de Virginie.  On peut y croiser nombre de biches, cerfs, lapins, lièvres, rongeurs (souris, écureuils, castors, tamias, martres, ratons laveurs,...) mais également des chauves-souris, pumas, lynx, renards et coyotes. Et, avec beaucoup de patience et de vista, vous aurez peut-être la chance d'y observer le mouflon de la Sierra Nevada, seule espèce en danger d'extinction ou encore le très discret carcajou et finalement le maître des lieux, l'ours noir aux reflets souvent bruns.

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Les points de vue sont nombreux dans cette ancienne vallée glaciaire. 

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Carcajou ou Glouton :

 

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Pour tous ceux qui hésiteraient encore, on ne parle pas d'un petit parc avec quelques animaux "sauvages domestiqués" et points de pique-nique pour le promeneur du dimanche.  Pas du tout, il s'agit vraiment de vastes étendues sauvages en vue de préserver au maximum sa faune et sa flore.  La meilleure façon de découvrir ce genre d'eden terrestre est de le faire à pied.  On jette la voiture au parking, on oublie GSM, Laptop, tablette, I-pod, I-pad, I-tchic et I-tchac... et, muni d'un bon matériel (chaussures adaptées, tente, boussole et carte voire gps,...) et d'un guide pour les moins expérimentés (99% d'entre nous...), on peut alors vraiment en profiter.

Pour mieux comprendre encore l'étendue du site, sachez que le Yosemite couvre plus de 3 000 km² c'est à dire 1,2 fois le Grand-Duché du Luxembourg.  Le domaine est traversé par un axe d'Est en Ouest en son centre et une route remonte, le long de la frontière Ouest du parc, du sud jusqu'au milieu de celui-ci.  Ces deux routes sont les seules voies d'accès asphaltées qui le "polluent".  La partie nord du parc est entièrement vierge et interdite aux visiteurs. D'ailleurs, seuls 36km² sont accessibles c'est à dire à peine 1% de sa superficie totale. 

Carte routière du Yosemite :

 

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Malheureusement (si je peux me permettre malgré l'immense chance que nous avons d'être ici...) nous ne disposons pas d'assez de temps pour cela.  Par conséquent, c'est grâce à ses deux seules routes que nous en jouirons.

Nous choisissons de débuter notre parcours par les superbes séquoias.

« Mariposa Grove » abrite quelques-uns des plus beaux spécimens; les plus larges et donc plus anciens de ces mastodontes (2 700 ans pour le plus agé d’entre eux).

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Ha...j'oubliais un mammifère particulier, pas dangereux mais légèrement sur le doux... "Le gnome Marchinois" !

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Encore une apparition du "gnome Marchinois", en voie de disparition mais ici en parade nuptiale...  

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En période des "Amours", le "gnome Marchinois" a parfois de drôles de comportements mais il ne mord pas...Bien que, du côté d'Haillot, il se dit que Laurent More... n'est-ce pas Joël ?

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L'animal, en sérieux danger d'extinction, mettra tout en oeuvre pour séduire sa belle...

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Ces arbres sont pourtant fragiles ; en témoigne l’interdiction de marcher sur leurs racines… cela précipiterait en effet leur déclin.

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Des écureuils batifolent dans le sous-bois pendant que nous tentons, tête en l’air, d’appréhender toute leur majesté. Cela finira d’ailleurs par nous donner le tournis…

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Un peu plus loin, « Tunnel View» offre une superbe vue sur toute la vallée au fond de laquelle coule la « Merced River », à gauche « El Capitan » la plus haute falaise entière au monde (900 m), au fond au centre le célèbre « Half Dome » sommet emblématique du parc.

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Nous atteignons ensuite «Wawona», petit hameau dans lequel ont été rassemblées d’authentiques cabanes en rondins de pionniers construites entre 1850 et 1914.

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Il se dit même que l'unique couple de "gnomes Marchinois" du parc se serait reproduit... 

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Ces petites merveilles étaient initialement disséminées dans tout le parc national, parfois inaccessibles sans avoir crapahuté pendant plusieurs jours…

Le joli pont couvert franchi, nous nous retrouvons plongés 160 ans en arrière, imaginant la vie de chacun de ces courageux et solides aventuriers.

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France en profitera pour tenter d'appliquer ce qu'elle a appris de l'utilisation basique de l'appareil photo, vitesse d'obturation, ouverture, sensibilité, Iso,... pendant que je ferai le zouave ce qui la fera beaucoup rire...

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Pendant ses réglages, elle me demande de prendre la pose du penseur...  dur dur de rester ainsi en équilibre sur ce rocher quand on a qu'une seule envie qui est d'éclater de rire...

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Dans la prairie aux couleurs d’automne, le long de la rivière bordée de peupliers (« cottonwoods »), nous aurons même la chance d’admirer quelques biches et deux jeunes cerfs.

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Mais la plus belle rencontre sera sans conteste ce coyote, imperturbable, longeant la route et la traversant au gré de ses envies sans se soucier des spectateurs humains. Quel superbe animal, aussi grand qu’un berger allemand et très clairement cousin du loup, en plus solitaire.

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Le soleil décline et il est temps de se diriger vers notre hôtel.  Sur la route nous essaierons de fixer sur la péllicule les couleurs d'automne à faire pâlir nos artistes peintres "Mamy Paulette" et "Papy Louis"...

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Le Cedar Lodge, très basique, n’est pas l’étape idéale.

Nous nous empressons donc de poser nos bagages et de chercher un petit coin sympa pour nous restaurer.

En chemin, notre attention avait été attirée par un charmant établissement bordant la rivière.

Les prix pratiqués dans le parc (tant pour l’essence que le ravitaillement chez les divers grocers ou deli’s) sont en effet prohibitifs, c’est donc sans hésitation que nous décidons de manger au restaurant du "Yosemite View Lodge".  Charmant accueil, bonne table, nous ne serons pas déçus…

Réveil matinal pour profiter un peu plus longuement de Yosemite (San Francisco attendra...). 

Nous nous dirigeons donc plein est, vers « Tioga Pass » (toujours praticable à cette époque contrairement à ce annoncé…). 

Roulant à 20 km/h nous scrutons les sous-bois de part et d’autre de la route.  Même si la fréquentation du parc est raisonnable en cette saison, nous nous rangeons régulièrement sur le côté car notre de train de sénateur semble en énerver plus d’un. 

A part quelques queues en panache, rien de particulier à signaler…

C’est alors que France hurle : « ours, ours, j’ai vu un ours noir ! »

J’enclenche la marche arrière et aperçois une boule de poils noirs occupée à gratter le sol de ses pattes massives.

Ni une, ni deux, je stoppe la jeep, active les 4 feux de détresse (pas le temps de chercher un endroit où se garer…), saisi mon zoom et sort du véhicule.  France me chuchote alors : "il y en a un autre un peu plus sur la gauche Papa, un ours brun cette fois…" 

Merci Puci, quel œil de sioux !  Très bien entrainé depuis notre expérience sud-africaine où elle avait déjà fait montre d’une acuité visuelle hors pair depuis son siège de « tracker » ! 

Sans un bruit, nous profitons de cette magnifique rencontre.  Une deuxième voiture s’arrête juste derrière nous, un monsieur assez âgé nous demande s’il s’agit d’un ours. Nous confirmons et il nous avoue que cela fait trois ans qu’il vient se balader à Yosemite sans en avoir vu un seul auparavant…

Il prendra un ou deux clichés puis reprendra sa route.

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Nous passerons très certainement une heure en compagnie de ces charmants plantigrades, les admirant fureter, humer, retourner les rondins et autres pierres… Nous serons régulièrement dépassés par des visiteurs blasés, voire plus pressés… 

Nous, on s’en fout, on s’en met plein les mirettes !!! 

C’est avec beaucoup de regrets que nous les quitterons, good luck les petits et surtout soyez prudents car tous ne sont pas aussi respectueux de la faune, l’an passé en effet 15 ours ont été renversés par des voitures… 

Comme on aurait aimé rester plus longtemps à Yosemite !

Winnie au Yosemite : 

https://www.facebook.com/video.php?v=10205047296731606&set=vb.1518488125&type=2&theater 

Nous restons muets sur la route qui nous mène vers la sortie ouest du parc, des images plein la tête, la joie d’avoir eu cette chance de voir des ours en totale liberté… ! 

Aux abords de Groveland, les séquelles des tragédies récentes nous ramènent à la dure réalité.  Outre le terrible feu d’août 2013 déclenché par la négligence d’un chasseur et qui menaça même les abords de San Francisco, nous apprendrons qu’au moins deux autres incendies ont du être circonscrits cette année par les soldats du feu de cet avant-poste.

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Même si la petite ville est plus qu’agréable, le va-et-vient des semis à vide ou chargés de leurs immenses troncs noircis la traversant plusieurs fois sur la journée, les casernes de pompiers toujours sur le pied de guerre, les stèles en mémoire des combattants du feu décédés dans l’exercice de leurs fonctions ne peuvent nous laisser indifférents. 

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La route qui nous mène vers San Francisco ne nous enchantera guère, la seule anecdote étant que, de justesse, j’ai pu éviter une belle mygale. Par acquis de conscience, j’ai même fait demi-tour pour vérifier que la "grande velue" n’était pas transformée en crêpe sur la chaussée… 

Ouf, rien… Notre arachnide a pu en réchapper ! (Photo internet car la belle n'a pas daigné m'attendre pour prendre la pose...)

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Particularités du code de la route US :

En parlant de route, voici un paragraphe informatif reprenant quelques particularités du code de la route aux Etats-Unis. Tout d'abord, contrairement à nos habitudes belges, les conducteurs américains sont beaucoup plus respectueux des lois et semblent plus craintifs vis-à-vis de l'uniforme.  Du peu que nous en ayons vu, on peut même affirmer que c'est encore plus vrai à l'Ouest qu'à l'Est...  Les limitations de vitesse sont pratiquement respectées au mile près. Durant des centaines de miles, un groupe de véhicules peut très bien se suivre à distance de sécurité sans qu'aucun ne cherche à dépasser l'autre car tous ont enclenché leur "cruise control".  Il n'est pas étonnant de rouler à une soixantaine de kilomètres à l'heure sur une portion de route à 6 ou 7 bandes.  De plus, votre vitesse est souvent contrôlée des airs...

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Sur autoroute, la bande à l'extrême gauche est souvent réservée aux véhicules pratiquant le covoiturage c'est à dire avec minimum deux personnes à bord.  Parfois, cette règle n'est d'application que la semaine aux heures de pointe...

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Les contrevenants se verront appliquer généralement une amende de 381$

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Un panneau que nous aimerions bien retrouver chez nous pour limiter tous les dépôts sauvages d'immondices...

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On vous invite même à prévenir les autorités en cas de doute sur la sobriété d'un usager.

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Soyez toujours très attentifs car le clignotant est facultatif et les dépassements sont autorisés à gauche comme à droite.  

A certains carrefours, il est doublement important d'avoir une très bonne mémoire car vous rencontrerez de très nombreux croisement à 4 stops...

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Le principe est très simple, on s'engagera suivant l'ordre d'arrivée.  Tout d'abord, tous les conducteurs ont pour habitude de marquer le "Stop" de façon très nette, souvent même jusqu'à ce que le suivant l'ai marqué à son tour. Une fois les véhicules à l'arrêt, le premier arrivé redémarre et ainsi de suite... Le "cédez le passage" est indiqué par un "Yield".

Soyez également très prudent à l'approche des feux rouges et ne vous arrêtez pas au pied de celui-ci car aux USA, ils sont placés après le carrefour, de sorte que si vous stoppez à son niveau, vous êtes en plein milieu du carrefour...

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A première vue, le panneau suivant n'a aucun sens et pourtant...

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Ne pas tourner à droite au feu rouge.  Ben, si c'est rouge pourquoi tournerait-on ?  Tout simplement parce que si ce panneau n'est pas présent, il est autorisé à franchir un feu rouge uniquement pour tourner à droite (après avoir préalablement vérifié que la voie était libre...).  Cette règle est valable dans quelques états comme, par exemple, la Californie, le Texas, l'Utah, le Nevada ou encore l'Arizona.  Au début, c'est étrange mais on s'y fait très vite et l'idée est loin d'être stupide...

Ce ne sont pas les seules particularités du code de la route US mais celles-ci nous semblaient assez remarquables que pour les mentionner.

 

C’est péniblement au rythme de nombreux embouteillages que nous parvenons en fin d’après-midi dans « Frisco ».

Catherine et France fonceront directement se délasser dans la piscine chauffée de l’hôtel.

Etrangement, le ciel s’est couvert depuis notre arrivée, nous n’étions plus habitués à ce type de temps assez « belge »… 

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A l’heure du souper, Catherine nous avait dégoté un resto thaï raffiné dans le quartier branché de Financial District : "Osha Thaï".

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« Kobe Beef Salad » pour Catherine et moi, « Salmon Sashimi Salad » pour France. En plat de résistance, « Pad Thaï » pour Catherine, « Honey Duck » pour France et « Thaï Spicy Pan Fried » pour moi.  

Kobe Beef Salad

Salmon Sashimi Salad

Pad Thaï

Honey Duck

 

Demain, nous découvrirons la ville de San Francisco... à suivre.

 

1 novembre 2014

Death Valley

Death Valley

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Comme c’est souvent le cas lorsque nous visitons des villes, nous sommes heureux de les quitter pour retrouver les grands espaces plus sauvages. Bien sûr, il fallait voir« Vegas » mais un jour est largement suffisant et je ne traverserais pas l’Atlantique uniquement pour cela… C’est le cœur léger que nous laissons donc « Sin City » derrière nous et nous dirigeons vers « Death Valley ».  Par moment, le bitume fera place à de simples bandes de désert délimitées suite au passage d'un bull...

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Mieux connue chez nous sous le nom de « Vallée de la Mort », elle est située dans le désert de Mojave en Californie.  Son nom macabre  lui vient d’un pionnier rescapé  après une longue et périlleuse traversée en 1849.  Une fois sauvé, il se retourna vers le rift en s’écriant : « Good bye Death Valley ! ». 

D’autres eurent moins de chance et se perdirent … 

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Les températures moyennes sont supérieures à celles relevées dans le Sahara et dépassent les 46°C (mais, ici, on parlera de 115°Farenheit).  Le thermomètre indique souvent plus de 50°C et, en 1913, on y a même enregistré le record mondial sur terre, dans la petite ville de « Furnace Creek » : 56,7°C ! 

«  Badwater », vaste étendue de plaques de sel et de mares salées, est le point le plus bas des Etats-Unis, à 86 mètres en dessous du niveau de la mer.

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Juste avant de pénétrer dans le parc, nous nous arrêtons à une station-service pour prendre notre petit-déjeuner et, pour ma part, embarquer l’incontournable gobelet de café présent dans la plupart des véhicules.  En général, toutes les « gas stations » sont également des « Food shops ». 

Tout d’abord pour le café, vous trouverez de grands thermos, déca, moyen et fort.  Les forts n’ont rien à voir avec un café serré noir de chez nous mais s’apparente plus au jus de chaussette transparent de nos grands-mères.  Une fois votre gobelet rempli, small, moyen ou grand (les mêmes tailles que les gobelets de chez « Quick), vous faites votre choix parmi les différents laits à votre disposition, lait classique demi-écrémé, lait aux noisettes ou encore à la vanille.  Si vous n’aimez pas le café, vous pouvez prendre du chocolat chaud, du thé ou du toffee, un genre de caramel extrêmement sucré et consistant.

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Les sandwichs sont souvent constitués de petits pains mous sous cellophane et assez chers pour ce qu’il y a dedans.  Comptez au moins 5$ avec une mince tranche de dinde, poulet ou jambon, une de cheddar et une feuille de salade.  Pas terrible mais frais.

Par contre, vous avez à disposition des encas chauds Mexicains, tacos, burritos, chimichanga (tacos pimenté avec un mélange de bœuf et haricots dans une sauce tomatée…Voir le film « mon beau-père et moi »), corndog (saucisse entourée de pâte, le tout empalé sur un bâtonnet) …etc.  Il y a même des tacos breakfast avec œufs, jambon, saucisses et fromage.

Finalement, et au grand bonheur de France, il y a les « Hot Dogs »…  Attention pas les « chiens chauds » avec de la choucroute que vous retrouvez à la foire du midi ou à l’entrée des stades de foot, pardon de « soccer ».  Non, non, mais une saucisse grillée qui vous attend en se dorant sur un petit tapis tournant.  Comme pour les gobelets, vous en choisissez la taille en fonction de votre appétit, prenez un petit pain mou prédécoupé sous la machine et, souvent, le garnissez grâce à un mini « salad-bar » à disposition avant de l’arroser de sauces.  Pas à faire tous les jours car assez calorique mais très pratique sur la route pour se restaurer sur le pouce à très bon prix.  A plusieurs reprises nous prendrons notre petit-déjeuner de la sorte pour une douzaine de dollars c’est-à-dire environ neuf euros.

 

Rassasiés, nous nous remettons en route vers « Death Valley ».  Un petit voyant s’était allumé mais je n’y avais prêté aucune attention. Catherine me signale que, d’après le manuel de bord, il s’agit d’une perte d’équilibrage du véhicule et que si le problème persiste il faut se rendre dans le garage le plus proche…

Quelques miles plus loin, notre Jeep, habituellement silencieuse, fit entendre un bruyant « flop flop ».  Je me rangeai sagement sur le bas-côté et constatai que le pneu arrière gauche manquait cruellement de pression. 

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Je fis rapidement le tour du 4X4 pour m’assurer que c’était le seul à être déprimé afin que nous ne le soyons pas à notre tour, nous n’avions en effet à bord qu’un demi-litre d’eau et un fond de café… Il y a quelques jours, Catherine m’avait lu un passage du Routard expliquant que si l’on tombait en panne, le premier Américain croisant notre route s’arrêterait pour vous proposer de l’aide… Evidemment, on n’est pas sur le ring de Phoenix et les véhicules sont plutôt rares…  Qu’à cela ne tienne, à peine avais-je déchargé le premier sac du coffre pour accéder à ma roue de secours qu’un gros camion croisa notre route.  Il mit deux cents mètres à stopper son  semi avant de faire marche arrière. 

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Arrivé à notre hauteur, le chauffeur vînt nous demander si nous avions besoin d’aide et, constatant la crevaison, me dit de ne pas bouger le temps d’aller chercher ses gants… J’aurais pu m’en charger seul mais sait-on jamais s’il y avait la moindre complication son aide nous serait sûrement très précieuse et, en plus, le bonhomme semble tellement heureux de nous aider qu’il serait indécent de refuser.  J’ai donc taillé une petite bavette avec lui pendant les quelques minutes où il faisait tout le travail.  Pour la petite histoire, notre camionneur est Californien mais son boss est dans l’Arkansas (prononcez Arkansa pas comme dans Kansas où on doit prononcer le dernier « S », même notre sympathique chauffeur routier dit ne pas en savoir la vraie raison…).  

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Après une franche poignée de main, il nous renseignera la ville la plus proche mais il nous faudra faire un détour d’une centaine de kilomètres dans la Vallée de la Mort pour atteindre Pahrump…  Simple et brève mais encore une rencontre sympathique… 

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Notre GPS nous renseignera un « Tyre repair » perdu dans un dédale de rues bordées de bungalows.

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Nous avions déjà pu constater que les Américains vivant en-dehors des villes sont plutôt au ralenti et font montre de peu d’énervement.

Une fois encore, nous en aurons la démonstration.

Parmi tous ces bungalows, il y a un hangar affichant « Tires repair » (Les américains écrivent tire et non tyre…). 

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Je gare mon véhicule à trois pattes devant et rentre dans un pseudo bureau où une immense dame d’une trentaine d’années, dégoulinante de sueur, tape mollement sur son clavier.  J’ai retenu la leçon de la bienséance US et à peine ai-je franchi la porte que je lance : « Good morning, how are you ? ».  Etrangement, pas de réponse mais elle continue à bouger et agiter doucement ses doigts au-dessus de son clavier, j’en déduis donc qu’elle vit toujours… peut-être est-elle sourde…  Je décide donc de ne pas insister, elle finira bien par m’apercevoir…  Après deux grosses minutes, elle relève la tête encore plus doucement que ses autres gestes et me lance : « Do you want to see mum ? »  Heuuu ai-je bien compris ?  M’en fiche moi de voir sa maman…  Je rétorque simplement que j’ai eu une crevaison et que j’aimerais juste que l’on répare.  A cela elle me dit : « Ok, so you want to see mum » Bon, je ne prendrai aucun risque de la fâcher et si elle veut que je voie sa maman pour réparer, moi je n’y vois aucun inconvénient.  Ensuite, elle se retourne et crie à travers la pièce : « Muuuuuuuummmm ! ».  Et là, un dame encore plus immense sort de l’ombre et avance vers moi comme un sumo en mettant tout son poids sur une jambe et puis sur l’autre  et me dit de rentrer mon véhicule dans le garage.  Je m’exécutai sur le champ.  Une fois la Jeep en place, je remarquai un petit gros, qui me fit penser à « George » l’ours brun de Tex Avery et un grand mince, très mince, très, très mince assis à l’autre bout qui ne bougeait pas du tout. 

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George bougeait, certes très lentement mais il bougeait et il parlait même tout aussi lentement.  L’autre n’esquissait aucun geste et aucun mot ne sortait de sa bouche.  Sans exagérer, George s’adressa à moi après certainement plus de cinq minutes que j’avais mis à profit pour vider mon coffre afin d’atteindre ma roue.  Il me dit juste : « flat tire ? ».  Ce à quoi je répondis tout aussi brièvement et en faisant ma plus grosse voix en imitant John Wayne pour être dans le ton : « Yes it is » .  Hé cool, je m’adapte vite non ?  C’est à ce moment précis que le grand mince me prouva qu’il était toujours bien vivant car il prit la tasse de café devant lui, bu une gorgée et tourna la tête vers moi : « Death Valley ? »  Pfff, je sais qu’il fait chaud et qu’il faut se ménager mais ici, inutile de faire des phrases, on va droit au but sans se fatiguer…  Pendant qu’il s’occupait de mon pneu, l’ours m’expliqua que les températures dépassaient souvent les 50°C et me demanda d’où nous venions et où nous allions.  Le grand mince ne bougera plus du tout jusqu’à notre départ, peut-être n’était-ce finalement qu’un automate aux batteries plates…  Catherine et France n’ont pas quitté la voiture durant tout ce temps.  En route, lorsque le paysage a moins d’intérêt, nous rédigeons ensemble des passages du blog et France les tape.  Nous avons donc profité de cet arrêt forcé et du peu de conversation de nos nouveaux amis pour avancer sur l’article en cours. 

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La réparation ne coûtera que 15$ auxquels s’ajouteront les 5$ de tip à George. 

Laissant Pahrump dans notre dos, nous passons dans un hameau fantôme où Catherine nous signalera néanmoins une curiosité locale ; l’« Amargosa Opera House » ouvert par une danseuse new-yorkaise tombée en panne dans la région (tiens, tiens… encore une…).

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Sous le charme de la région, elle décida de s’y établir et d’y ouvrir son propre petit opéra.  Elle y fit des représentations chaque week-end durant 45 ans, avant de donner son dernier spectacle en 2012 à l’âge de 88 ans... (le désert ça conserve !)

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Surplombant « Badwater », le promontoire de« Dante’s View » nous permet d’appréhender la vaste  étendue de sel perdue en plein désert enclavée entre les monts de la Sierra Nevada et les « Panamint Mountains ».

Vue à 360°, cette période de l'année est exceptionnelle car il y fait invariablement bon et aucun endroit n'est noir de monde...

https://www.facebook.com/video.php?v=10205037933737537&set=vb.1518488125&type=2&theater

C’est dans ce paysage lunaire que de nombreux films ont été tournés dont certaines scènes de Spartacus et Star Wars…

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C’est au « Stovepipe Wells Village », premier hôtel construit dans la « Vallée de la Mort » que nous passerons la nuit.  Son nom rappelle qu’à cet endroit, un pionnier a planté un tuyau de poêle pour indiquer l’emplacement d’une source d’eau potable aux suivants.

 

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De prompt matin le lendemain, nous poursuivrons notre découverte du parc.  Sur les indications du GPS, nous nous engageons sur une charmante « scenic route ».

Après avoir sinué, gravi puis descendu nombre de collines, nous nous retrouvons face à une bifurcation.  A gauche : « Road ends 9 miles »  A droite : « Road closed »

Heureusement, un ranger passait justement par-là et nous a gentiment renseignés sur l’état de la route.

Rencontre avec un ranger bégayant :

https://www.facebook.com/video.php?v=10205038013499531&set=vb.1518488125&type=2&theater&notif_t=video_processed

Le chemin est praticable, « à nos risques et périls » car, à certains endroits, une seule voiture peut y circuler, slalomant entre les éboulis et autres pierres apportées par de récentes intempéries (et oui, il arrive de pleuvoir dans le coin !)

Pas le choix, nous nous sommes trop avancés que pour faire demi-tour.  Autre petit hic, la jauge d’essence qui commence à faiblir…et toujours pas plus d’eau dans la voiture…ni gsm d’ailleurs…

C‘est encore loin la civilisation ?

Coup de pot, nous recroisons un groupe de rangers (il n’y a que nous et des rangers pour emprunter cette route « touristique » du parc…) qui nous indiqueront que la prochaine ville est à 21 miles de là… Ouf, notre autonomie est de 96 miles, nous sommes sauvés !

(pour autant que l’on ne se trompe pas de direction car tout se ressemble ici… Et dire que Catherine ne comprenait pas comment ces « 49ers » avaient pu errer et se perdre au lieu de traverser « bêtement » dans le sens de la largeur…)

 

Mais avant cela, France et moi avons failli commettre l’irréparable…sans témoin… :

 

https://www.facebook.com/video.php?v=10205038264105796&set=vb.1518488125&type=2&theater&notif_t=video_processed

 

 Lorsque nous apercevrons une stèle commémorant le village de mineurs de « Ballarat », notre curiosité nous poussera à faire un petit crochet par le village fantôme…

Au diable les petits soucis d’essence, on ne va pas rater ça quand même… ! 

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Etabli en 1897, Ballarat est un camp de mineurs travaillant dans les collines avoisinantes à la recherche d’or et d’argent.

Le village s’est développé jusqu’en 1917 lorsque les gisements ont commencé à se tarir.

A son apogée, on comptait une école, une prison, une morgue, une poste, un dépôt de la « Wells Fargo* », 3 hôtels et 7 saloons.

* Légende de l'Ouest américain, la Wells Fargo est le premier réseau d'agences bancaires créé afin d'acheminer le plus rapidement et le plus sûrement les devises et quantités d'or et d'argent extraites des mines. Elles devront être de véritables banques, difficiles à attaquer et dotées de coffres-forts - les fameuses « Treasure Box » vertes de la Wells Fargo. Les messagers express à cheval devront être doublés, pour le transport des biens, par des diligences accompagnées de gardes armés, avec des coffres soudés au plancher ! Une activité à haut risque, effectuée jusque-là par les mineurs eux-mêmes. Beaucoup y ont perdu la vie, victimes d'attaques de bandits de grands chemins...

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Lucky Luke Wells Fargo

 

A l’instar des Américains, très comédiens dans l’âme et assez expansifs, nous avons décidé de nous lâcher plus souvent pour nos photos souvenirs…  Au diable les clichés posés et figés et vive la dérision et les petites mises en scène.  A plusieurs reprises, je ferai prendre la pose à France ou ferai moi-même le clown que nous soyons seuls ou pas (Vous l'avez certainement constaté à la vue de prises précédentes...). Catherine, habituellement plus timide, se prêtera même de temps en temps au jeu.  Je ne compte plus le nombre de fois où France me dira : « Allez papa vite on va nous prendre pour des fous » ou « Ha non ça je ne fais pas » ou encore « Papaaaaa les gens te regardent ».  Au final nous avons énormément ri et pris beaucoup de plaisir.  Dans le village fantôme de "Ballarat", nous nous amuserons avec une vielle auto, l'ancienne prison/morgue voire motel si libre de tout occupant ou encore une camionnette à l’abandon.  Nos seules retenues ne seront que précautions pour ne pas déranger un crotale en pleine sieste…

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Bon, c’est bien joli de rire, mais il faut penser à se remettre en route…

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Nous sommes enfin en vue de Trona, la ville où on est censé trouver du fuel et de quoi se restaurer (il est près de midi et nous ne nous sommes encore rien mis sous la dent…).

Pôle ouvrier par excellence Trona n’a absolument rien d’enchanteur, il s’agit du paradis du borax; nouveau minerai en vogue dans la région.  Ce dernier s’avère très rentable tant il entre massivement dans les composants électroniques, batteries, liquides de transmission des véhicules, etc… Il sert même à fabriquer les fameuses tuiles permettant à la navette spatiale de rentrer sur terre sans échauffement… 

L’agence nous ayant certifié qu’il nous serait impossible de rentrer dans Yosemite via « Tioga Pass » à cette période de l’année, un détour par Bakersfield pour y passer la nuit s’imposait.

Nous « manquons » donc Lone Pine (où ont été tournés de nombreux westerns), Mammoth Lakes (réputée pour ses stations de ski huppées) et la traversée d’est en ouest du parc national…

Cependant, la route vers Bakersfield nous offrira, comme toujours, de belles vues en pleine nature.

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Sur la route...:

https://www.facebook.com/video.php?v=10205038351147972&set=vb.1518488125&type=2&theater

Nous apprendrons plus tard que la « Pass » n’était pas du tout fermée… Comme quoi il faut toujours se méfier des infos reçues... Une fois de plus, ce détail nous confirmera de ne rien laisser aux autres dans le choix de nos routes.  Bakersfield n’a rien de particulier, mis à part que la ville est le fief de la musique country.  Etant accompagnés de France, l’accès aux « saloons » le soir nous est interdit.  Nous ne saurons donc pas apprécier cette ambiance qui doit être mémorable…

Nous nous rabattrons sur un petit resto italien « Romano’s » que nous ne regretterons pas !

Un serveur tout sourire nous accueille, Gabriel sera d’ailleurs toute la soirée aux petits soins pour nous jusqu’au moment où, tombant certainement d’inanition ou trop alléché par les magnifiques plats dont il nous gratifiait, il nous annonça qu’il terminait son service pour aller manger à son tour.

D’inoubliables  « Lobster ravioli  chardonnay crème» pour moi (objectivement je n’ai jamais vu autant de morceaux de pinces de homard dans un ravioli !), un délicieux « Butternut Asiago Tortellaci »  (ravioli aux 4 fromages, sauce truffes, crème à la courge, prosciutto et parmesan) pour Catherine. (Désolé, l'appareil photot étant resté à l'hôtel, j'ai pêché une photo très floue sur le net mais c'est tiré du resto en question...)

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France, plus traditionnelle comme à son habitude, optera pour des linguini Alfredo. Hummmm….. !

Bien que l'hôtel soit très confortable, nous nous lèverons de bonne heure pour prendre la route en direction du "Yosemite Park" où nous espérons, une fois encore, être éblouis par le paysage et rencontrer le "big two"... Assurément, nous n'aurons aucun mal à croiser la route du premier des deux grands car il règne sur les lieux du haut de ces 50 à 85 mètres, parfois depuis plus de 2500 ans.  C’est dire depuis combien de temps on connait leurs emplacements….  Petite cocasserie, son nom lui vient d’un chef indien « Sequoyah le Cherokee » et, c’est en « Jeep Cherokee » que nous irons à sa rencontre…

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Il partage la vedette avec un autre géant, nettement plus discret par contre, l’ours.  Des milliers de visiteurs espèrent croiser sa route mais peu ont cette chance… à suivre.

 

 

 

31 octobre 2014

Las Vegas

Las Vegas

(Vidéo en fin d'article)

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« Welcome to fabulous Las Vegas ! » je ne pouvais commencer la rédaction de nos impressions autrement que par ce cliché emblématique sur le « Strip » (ou « Las Vegas Boulevard » célèbre avenue de plus de 6 km bordée des plus grands hôtels et casinos.), même si l’on retrouve cette photo dans la plupart des albums de touristes.   C’est une fois de plus grâce à l’intuition de Minou que nous en trouverons l’emplacement.  En effet, il n’était repris sur aucun plan, ni brochures en notre possession.  Bravo ma chérie ! 

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Chaque jour des centaines de personnes défilent devant ce panneau de bienvenue, nous constaterons une fois de plus que les américains font preuve d’une discipline insoupçonnée.  Partout où un attroupement se forme, une file ordonnée se crée naturellement dans laquelle personne ne tente de resquiller et, dans le doute, on se fait même des politesses pour laisser passer son voisin.  Caractéristique que nous retrouverons sur la route notamment aux carrefours à 4 stops.  Je l’expliquerai plus tard dans un petit chapitre consacré au code de la route.  C’est tout aussi naturellement que votre prédécesseur vous remet son appareil photo pour immortaliser l’instant.  A charge de revanche lorsque notre tour arrive. 

Dans la file, nous serons abordés par de jeunes bcbg aux mœurs « peace and love » afin d’inscrire un message pour la Terre sur un mouchoir qui servira à la confection d’un immense patchwork.  Catherine et France inscriront un petit mot pendant que je tenterai d’expliquer le fonctionnement rébarbatif  de mon « Canon » à un photographe « I-podien ». 

Si un jour vous passez par là et cherchez l’endroit, rendez-vous en direction de l’aéroport de Las Vegas, accueillant un ballet incessant de jets privés et limousines. 

Avant d’entamer un tour de ville, nous irons faire le check-in à notre hôtel.  Et quel hôtel !  Ces 26 et 27octobre 2014 seront très certainement les 2 seuls jours de notre vie dans « Sin City ».     Bien conscients de cela, nous ne voulions pas rater l’unique occasion de passer la nuit dans l’une des 7000 suites du temple de la démesure qu’est « The Venetian »; à ce jour, le plus grand hôtel du monde.

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Tout d’abord, un petit mot sur Las Vegas.  On est bien loin des prairies d’antan…  (Las Vegas = « les prairies » en espagnol).  L’origine de la ville vient essentiellement du besoin des pionniers et Cow-Boys, de passage dans le Nevada, de pouvoir se marier plus rapidement qu’ailleurs.  En effet, l’Amérique puritaine imposait dans tous les autres états un délai assez long et de sérieuses motivations pour pouvoir accéder au mariage.  Or, dans le Nevada plus libéral, les autorités ne vérifiaient que la qualité de résident de l’état.  Quant au divorce, il pouvait s’obtenir après seulement 6 semaines de résidence.  Il fallait pouvoir occuper les  « clients » des hôtels attendant leur « délivrance »…  C’est donc tout naturellement que les jeux furent autorisés… 

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Depuis cette époque, le puissant lobby du jeu (et d’autres vices…) ne cesse, avec l’aide de psychologues et de psychiatres, d’étudier le moindre détail pour accroitre son profit :  Sièges devant les machines à sous, pas de parasols autour de la piscine pour pousser les joueurs à venir se rafraîchir dans les salles de jeux climatisées, air conditionné enrichi à l’oxygène afin d’euphoriser les « gamers » et diminuer leur besoin de sommeil, fond sonore bruyant pour surexciter et pousser à « flamber », aucune horloge de sorte que vous n’ayez plus la notion du temps…  Le summum étant très certainement l’exceptionnel contournement de la sacro-sainte loi anti-tabac.  Depuis notre arrivée sur le sol américain, nous constaterons que le plus gros producteur de cigarettes lutte intensivement contre la consommation de cette drogue.  Le filon est assez rentable en empoisonnant le reste du monde…  Tous les lieux publics sont non-fumeurs, à l’intérieur ou en terrasse, y compris les sites touristiques en plein air.  Seulement 12% de la population  fume alors que la moyenne Européenne se situe environ à 30%. 

Mieux encore, une fois attablé, un premier verre vous sera offert et, lorsque l’ivresse alcoolique supplantera celle du jeu, vous pourrez faire appel (pour 90$) à un « Hangover Heaven bus ».  Ce bus, est une vraie cellule de dégrisement qui, grâce à une potion magique digne de Panoramix vous dessaoulera en quelques minutes.  Tout ceci vous remettra sur pied afin d’aller bien vite rejouer ! 

Même si vous ne jouez pas, le dédale de couloirs, l’éloignement des ascenseurs et parkings, tout est fait pour vous ramener aux salles de jeux ou vers les imposantes galeries commerçantes.

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En nous promenant sur le « Strip », nous avons été surpris de nous retrouver, au détour d’un pont au-dessus d’une avenue latérale, dans le luxueux shopping du « Bellagio » pile en face des salles de jeux… 

Alors que tous les autres hôtels mettent à disposition des machines à café dans les chambres, notre suite en sera dépourvue.  Le sempiternel percolateur sera remplacé par un « coupon » (bon à valoir à l’achat d’une autre consommation bien sûr) de sorte que, comme par hasard, vous repassiez devant le casino…

 

« The  Venetian » : 

Des 10 plus grands hôtels du monde, Las Vegas en compte 6, « The Venetian » en tête. 

De la place Saint-Marc et son Campanile au palais des Doges via le Pont des Soupirs en empruntant un Grand Canal au son de « O sole mio » poussé par les gondoliers, l’illusion est presque parfaite. 

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Cette reproduction à taille humaine de la cité des Doges dépasse l’entendement.  Certes, tout n’est pas à l’identique, les gondoles sont mues à l’aide d’un moteur électrique et parfois même par des gondolières (sacrilège !), l’eau du canal est bleue turquoise et exhale plus le chlore que l’odeur forte des eaux saumâtres des canaux vénitiens sous le soleil mais, avec un peu d’effort, on s’y croirait.  Oubliez les pâles copies en papier mâché, ici tout est vrai et importé d’Italie…plus de 3000 tonnes de marbre et les superbes lustres de Murano. 

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La galerie en trompe l’œil menant à la réception de l’hôtel est tout aussi somptueuse.  Plus de 8.000 chambres dont 7.000 suites d’au moins 65m² vous feront perdre tout sens des réalités pour mieux vous abandonner dans les 11.000 m² du casino, dans la centaine de magasins de luxe ou encore dans l’un des 20 restaurants dont beaucoup sont dirigés par de grands chefs.  Pour couronner le tout, cette fourmilière géante compte plus de 10.000 employés.

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Notre suite disposera d’un bureau avec fax et imprimante, d’un salon avec écran plat géant, d’une chambre avec deux lits « king size » et d’un deuxième écran plat géant, d’une salle de bain équipée de deux éviers, d’une coiffeuse, d’une baignoire et douche séparée sans oublier « l’indispensable » troisième télévision. 

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Le WC muni d’un téléphone fera beaucoup rire France. 

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Lors de la prise en charge de nos bagages devant la réception du « Venetian » où notre « Grand Cherokee » semblera si petit comparé aux limousines qui l’entourent, nous recevrons un ticket numéroté. 

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Une fois dans nos quartiers, ce numéro nous permettra de nous faire livrer nos bagages.  Le valet de chambre prendra le temps de nous expliquer l’utilisation des diverses télécommandes (télévision, stores et tentures) et nous mettra en garde quant à l’utilisation du mini bar.  En effet, tout ce qui s’y trouve est sécurisé par des capteurs de sorte que si vous souleviez un seul de ces articles il vous serait automatiquement comptabilisé, que vous le consommiez ou non. 

Bien installés et rafraîchis, nous décidâmes d’aller nous restaurer.  Suivant nos grands principes de manger local en voyage, il était impensable, à Venise, d’aller ailleurs que dans un « Italien ».  Contrairement au rapport qualité/prix auquel on pourrait s’attendre, nous nous sommes régalés. 

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Pour moins de 12 €/pers, France dégustera un classique mais non moins fin « spaghetti alla carbonara » très bien fourni, Catherine savourera des « penne vodka » à se rouler par terre et moi, des « penne alla greek » tout aussi surprenants.  

Repus, nous déambulerons dans l’unique artère mondialement connue à laquelle nous réduisons à tort la ville de Las Vegas. 

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Le « Strip » n’est en réalité qu’une des rues de cette immense agglomération… Si d’aventure vous vous risquez au-delà des frontières de ce « monde imaginaire », véritable Disney à grande échelle, la misère et la crasse prennent le dessus…

Juste en face de notre palace, « The Mirage » attire l’attention des promeneurs  grâce à son fabuleux show pyrotechnique « the volcano ». Un peu plus loin, le « Bellagio », empire du luxe détrôné par « The Venetian », offre un spectacle son et lumière rythmé par 1.000 jets d’eau sur fond d’opéra. (La photo ci-dessous n'a rien à voir avec le show du Bellagio... )

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Ci-après, plusieurs  hôtels que vous retrouverez dans la célèbre série « CSI Las Vegas » : Luxor, Excalibur, The Wynn, MGM, The Cosmopolitan, Flamingo, Mandalay, New York-New York, Paris- Las Vegas, Tropicana, Treasure Island, Harrah’s, Caesars Palace….

La concurrence verra naître une surenchère de shows et de vedettes pour s’octroyer les faveurs de la clientèle.

Nous apprendrons ainsi que David Copperfield et Rod Stewart sont toujours vivants…

Afin de tenter de faire oublier son passé sulfureux de « Sin City », la ville courtise les familles en construisant de nouveaux hôtels-casinos disposant même de montagnes russes !

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C’est sous des néons multicolores et un fond musical permanent que nous nous promènerons de part et d’autre de ce boulevard, émaillé de spectacles de rue et d’hommes-sandwichs  distribuant des annonces plus que suggestives…

Eric, j’ai risqué ma peau pour t’en ramener une car Catherine enguirlandait les hommes-sandwichs « fout-lui la paix, tu ne vois pas qu’il n’en a pas besoin ? » pendant que France me brutalisait à chaque fois que j’essayais d’obtenir une de ces cartes ou que mon regard se posait sur quelques fesses à l’air de danseuses emplumées du Lido.

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France m’imposait même de marcher devant pour mieux me surveiller…

Tout le long du « Strip », nous croiserons Spiderman, Elvis Presley, Omer Simpson, des « Moi-moche et méchants » appelés ici « Minions », des « Transformers » et même une femme (Voir vidéo) plus qu’obèse en monokini jouant, au second degré et sans complexes, les pin-ups pour se faire prendre en photo en échange de quelques billets verts…

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Encore plus loin, Catherine refusera un cliché en compagnie des « Chippendales » en répondant tout en se collant à moi : « no thanks, the mine is the best ! » …. Vous comprenez mieux pourquoi elle endossa le rôle du « Bon » à  Pahreah Canyon… (Voir article consacré à notre balade en Utah et la petite scenette à laquelle nous nous étions prêtés) 

De retour à l’hôtel, nous traverserons forcément le casino pour rejoindre notre suite.  Durant cette traversée, je m’attarderai quelque peu pour filmer avant que la sécurité endimanchée dans un costard Hugo Boss, oreillette tel un garde du corps présidentiel, ne me demande de couper et quitter la salle si la petite restait avec moi.  Les casinos présents dans tous les hôtels tolèrent le passage de mineurs dès lors qu’ils ne s’y attardent pas.

Petite anecdote : en 1987, un adolescent de 19 ans remporta la coquette somme de 1 million de dollars que le Bellagio ne déboursera jamais malgré le procès intenté par ses parents; l’âge minimum légal pour jouer étant de 21 ans… 

Vidéo Las Vegas : https://www.facebook.com/video.php?v=10204991867105900&set=vb.1518488125&type=2&theater

Le lendemain, nous quitterons le « paradis » du jeu pour l’enfer du pionnier égaré; "Death Valley"… A suivre.

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29 octobre 2014

Balade en Utah

Balade en Utah.

 

 

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Longues routes traversant le désert ou les plaines arides d'où ne jaillissent que buissons épineux et immortelles, canyons encaissés aux strates colorées, collines boisées entrecoupées de vertes prairies où s’écoulent quelques torrents, paysages vallonnés, sauvages et infinis, l’Utah offre des panoramas variés à couper le souffle.  Cet état, voisin de l’Arizona, abritant nombre de parcs nationaux (Zion, Bryce, Arches…) a vu passer les pionniers en route vers leur terre promise…  

Sillonnant depuis quelques miles sur la US 89 en direction de Bryce Canyon, notre attention est attirée par une stèle accompagnée d’un panneau explicatif.  Nous nous garons et apprenons qu’un ancien village de pionniers est encore visible au bout de la piste poussiéreuse à travers le Canyon de Pahreah…

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Qu’à cela ne tienne, la curiosité et notre envie d’aventure nous poussent à aller y jeter un coup d’œil. La route est déconseillée aux véhicules autres que les 4X4, nous bénirons donc notre choix…

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Le chemin pentu sinue longuement dans le bush entre les falaises du Canyon et plonge vers une vallée d’où émergent quelques « cottonwood » jaunis à cette époque de l’année, nous atteignons d’abord un petit cimetière où gisent les habitants qui ont résidé à Pahreah entre 1865 et 1930. Nous pouvons lire une épitaphe en mémoire de leur courage et ténacité à vivre en totale autarcie dans un univers aussi rude… essuyant même quelques raids indiens…

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Plus loin, nous atteignons le lit de la rivière grâce à laquelle tout fut possible mais qui, également lors d’une crue subite, causa la perte du petit hameau.

 

Coup d'oeil: https://www.facebook.com/video.php?v=10204982919522216&set=vb.1518488125&type=2&theater&notif_t=video_processed

 

 

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De l’autre côté, sur les flancs de la colline, la mine qui n’a pas comblé les espérances des pionniers et qui a précipité le déclin de Pahreah…

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Pour la petite histoire, un western des années 60 fut tourné ici; « Les Trois Sergents » avec Frank Sinatra, Sammy Davis Jr et Dean Martin.

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Nous nous amuserons à reproduire la scène finale du film "Le bon, la brute et le truand" avec dans le rôle de la brute, France qui le joue à merveille à en juger par les bleus qu'elle laisse sur ma frêle carcasse et Catherine, dans la peau du bon bien évidemment...  Il ne me restait plus qu'à jouer le truand.

 

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Nous improviserons également un duel :

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Nous nous sommes franchement amusés comme des enfants et avons énormément ri.  Sur le chemin du retour à la civilisation, comprenez par là, à une route asphaltée, nous nous sommes fait la réflexion suivante.  Quel excellent choix que ce "Fly and drive".  Depuis notre arrivée en terre US, nous avons régulièrement croisé la route de touristes coincés dans des voyages organisés, en groupe et dans des cars, sans la moindre latitude.  Partout où nous sommes passés, nous avions la liberté de nous attarder ou de quitter quand bon nous semblait.  Une belle photo à prendre, on stoppe, envie d'aller voir plus loin.... on fait un détour, envie de boire un coup, on s'arrête...  De A à Z nous choisissons nos points de chute et nos horaires au gré de nos envies, de notre fatigue ou plus simplemet de nos goûts.  A plusieurs reprises, nous entendrons un car klaxonner pour sonner l'heure du départ parce que l'horaire c'est l'horaire, point barre ou verrons des touristes attendre impatiemment à leur point de rendez-vous parce que le site ne leur pas plu ou qu'ils sont fatigués ou encore ont froid... Par ailleurs, sur la route, nous découvrons des curiosités parfois inconnues des trois guides à notre disposition, des informations récoltées par Catherine et inaccessibles pour les cars.  A ce sujet, j'ajouterai également que, depuis janvier 2014, Minou lit tout ce qui lui tombe sous les yeux à propos de l'Ouest américain, elle s'informe sur les forums, auprès d'Américains et sur "Trip Advisor" qui est une référence reconnue par les voyageurs.  Elle prend des notes, les analyse, les compare et les étudie.  Sa connaissance des villes étapes et routes qui les séparent est telle qu'elle nous dirige sans carte, sans GPS mais simplement de mémoire.  Elle connait les restaurants renommés ou simplement les gargottes ayant bonne réputation auprès des autochtones, les musées, bâtiments et anecdotes de lieux dits partout où nous passons.  Bref, nous ne sommes jamais perdus et il faut avouer que c'est un très grand luxe que de bénéficier de ses recherches et de sa très grande culture générale dans des domaines aussi vastes que l'histoire, la géologie, l'architecture,...etc.  

En résumé, il est indéniable que l'on ne peut réellement profiter de la liberté offerte par notre propre véhicule qu'avec une grande préparation du voyage, une bonne culture générale (Ca c'est Catherine) , une certaine expérience (C'est nous...), un goût pour l'aventure et de bonnes capacités d'adaptation (Ca c'est plutôt moi...). Bien entendu, la maîtrise de la langue facilite énormément les choses...  A contrario, sans tout cela vous risquez de vivre un enfer car vous ne passerez pas seulement à côté des détails que nous avons la chance de découvrir mais louperez également l'essentiel et vous vous perdrez plus souvent que vous ne le pensez malgré votre GPS qui, de toute façon, vous fera prendre la route la plus rapide ou la plus courte ou soit-disant la plus touristique mais, parfois, en dépit du bon sens.  

A la lecture du blog, tout semble couler de source mais réfléchissez bien si vous désirez vous lancer car c'est sans conteste le moyen de voyager qui offre le plus grand éventail de possibilités à condition d'avoir énormément travaillé avant votre départ et d'avoir les bases nécessaires à sa réussite...  Toutes ces informations à notre disposition ne limitent en rien la part d'imprévu durant notre périple mais nous permettent de ne pas perdre de temps inutilement, on les utilise ou non à notre guise.  Autrement dit, si vous avez peur de l'imprévu, devez absolument manger à heures fixes, ne vous êtes pas documenté en suffisance, n'avez pas ou peu d'expérience en dehors de vos habitudes et de votre culture alors ne vous y risquez pas tout de suite.  Merci Pluche, sans toi cela ne serait pas faisable...

 

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Roulant sur la « National Scenic Byway 12 », nous traversons Red Canyon, paysage de roches rouges érodées, parsemées de forêts de pins. C’est au cœur de celles-ci que se trouve la planque de Butch Cassidy ; le célèbre braqueur… 

 

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Ci-dessous, la planque de Butch Cassidy dans les fameuses plaines verdoyantes de l'Utah... (photo internet) 

 

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Nous arrivons à Bryce Canyon National Park pour le coucher du soleil. Une dizaine de points de vue se succèdent tout le long de la route qui serpente à travers le parc sur une trentaine de kilomètres. 

Nous choisissons de « pousser » jusqu’au point le plus éloigné « Rainbow point ».  Un immense amphithéâtre  hérissé de hoodoos ou cheminées de fées, résultat de millions d’années d’érosion… La palette des tons est infinie, elle est le fruit de l’oxydation des minéraux : orange, rose et rouge pour le fer, violet pour le manganèse et blanche pour le calcaire.  

Un peu plus au nord, « Natural Bridge », une arche de pierre façonnée au fil des millénaires par la pluie et le gel.

« Sunset point » surplombe  quant à lui une armée de pinacles fragiles tel un paysage irréel….

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Nous apprendrons que les sommets des hoodoos se sont formés il y a 55 millions d’années et sont issus de l’accumulation des sédiments d’un vaste lac ayant vu paître sur ses rives quelques parasaurolophus et autres dinosaures, traqués par un énorme deinosuchus embusqué dans la vase. Quant aux couches inférieures, elles datent de périodes plus lointaines encore et sont d’origine marines, en témoignent les ammonites et autres dents de requins qui y ont été retrouvées…  

Nous regagnons notre hôtel, le Ruby’s Inn, des images plein les yeux…

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Les suivantes semblent truquées et prises devant un décor mais elles sont bien réelles...

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Le Ruby’s Inn est le premier hôtel créé dans la région en 1916. Il s’agissait d’abord de tentes et d’un « Trading Post » offrant un repas familial aux voyageurs…

Même si, de nos jours, son emplacement stratégique lui confère un certain monopole, nous y dînerons correctement.

Le lendemain,… à nous Las Vegas !

Mais, avant, nous traverserons le splendide « Zion National Park », oasis en plein désert grâce à la Virgin River serpentant au fond du canyon. Ce canyon touffu et verdoyant contraste avec tous les autres, arides, Détail assez surprenant, le bitume de couleur rouge choisi par les représentants du Comté afin de ne pas jurer avec les falaises roses, oranges et rouges.  

Suite à une fausse manoeuvre, j'ai égaré les superbes photos prises avec France en escalade et franches rigolades dans les rochers....  Heureusement qu'il me reste ce petit aperçu sur une autre carte :

https://www.facebook.com/video.php?v=10204982928402438&set=vb.1518488125&type=2&theater&notif_t=video_processed

 

 

 (Photos prises sur internet pour illustrer)

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A suivre...

 

 

 

26 octobre 2014

Incursion en territoire Navajo.

Incursion en territoire Navajo.

 

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La « Navajo Nation » est la plus vaste réserve indienne des Etats-Unis. Située dans la partie nord-est de l’Arizona, elle déborde sur l’Utah et la Nouveau-Mexique. Pour nous rendre à « Monument Valley », nous pénétrerons donc en territoire Navajo. Voici un peuple qui, brimé et spolié, a su se redresser pour profiter à son tour des bienfaits du tourisme… Disposant de leur propre capitale et gouvernement, ils empochent les taxes, droits d’entrée des parcs tribaux, imposent leurs guides lors des visites et autres excursions, assurent les navettes en pick-up ouverts et équipés de banquettes. Ils vendent à prix d’or souvenirs et soi-disant pièces uniques issues de l’art Navajo…Sur Rodéo Drive, vous déboursez pour St Laurent, Versace, et autres Van Cleef, ici pour un « Made by Navajo » ne vous étonnez pas de payer une simple petite statuette sculptée dans un morceau de bois à 300-400$.  Notre façon de voyager, avec notre propre véhicule, nous offre une entière liberté quant à l’organisation de nos journées, évitant de telles arnaques… sujet que j’aborderai dans le prochain post.

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La personnalité des Navajos nous a laissé un peu perplexes… (Ci-dessous, voici le genre de ghetto dans lesquels ils vivent maintenant, soit des parcs à caravanes, soit des baraquements de chantier comme sur les 2 photos suivantes chez les Anasazis, une autre communauté indienne)

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Partout ailleurs, le personnel nous dit bonjour, sourit, nous gratifie d’un « How are you today ? » et nous souhaite une bonne journée.  Chez les Navajos, l’approche est diamétralement opposée, ils ne vous disent pas bonjour et si, vous, vous le faites, peu vous répondent, les sourires sont rares et ne vous attendez surtout pas à entamer une discussion… Au restaurant du Goulding’s  lodge, une grosse dame Navajo nous jette une carte sur la table, revient prendre la commande 1 minute 30 plus tard comme si nous y dînions tous les jours et connaissions celle-ci par cœur, repart en soupirant parce que notre choix n’est pas encore fait, revient 1 minute plus tard comme si ce laps de temps suffisait pour parcourir l’ensemble de la carte,… ce cinéma se répètera facilement 4 à 5 fois la rendant de plus en plus rageuse.  En observant les autres tables, je me rendis compte que nous n’avions pas hérité de la plus râleuse… Il y avait encore bien pire !

En entrée, Catherine et moi opterons pour un « Salad Bar » et France pour des ailes de poulet sauce BBQ.  A peine les entrées entamées la grosse dame se planta devant notre table les plats principaux à la main.  Sans un mot elle hocha de la tête pour nous faire comprendre que nous devions faire de la place sur la table.  En voyage, j’ai pour principe de ne jamais déterrer la hache de guerre c’est pourquoi je m’exécutai sur le champ.  La qualité de la nourriture est à l’image du service offert.  Une fois le repas terminé, une autre grosse dame se présenta avec le même hochement de tête pour que nous débarrassions la table à sa place.  Autant vous dire que le pourboire, obligatoire aux U.S.A. et compris théoriquement entre 15 et 20% du montant hors taxe suivant votre satisfaction, sera réduit à son strict minimum.  J’avoue même que le nôtre ne dépassera pas 6%.  Je suis même parvenu à faire courir la grosse dame qui dut nous rattraper car, pressé de quitter sa « charmante compagnie », j’avais omis de signer le reçu de la carte de crédit…   (Ci-dessous, Catherine et France qui rient encore de mes âneries et remarques sur le restaurant...  Quel plaisir que de pouvoir tout prendre au second degré et avec beaucoup de dérision...)

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Bref, les Navajos sont assez indéchiffrables et froids, la qualité de leurs services est, selon leur humeur, plus que variable…  Est-ce dans leur nature ?  Nous ne le saurons jamais mais les dommages collatéraux, lourds héritages de la conquête de l’Ouest ont très certainement laissé des traces de générations en générations. 

Quelques photos tirées sur la route...

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L’hôtel dans lequel nous logerons (Goulding’s lodge) appartient maintenant à la communauté Navajo.  Initialement il a été fondé en 1928 par Harry Goulding qui, après avoir passé 4 ans à faire du troc sous une tente en plein désert, fut considéré comme un des leurs par les Navajos.  

A première vue, l'hôtel ne casse rien mais nous ne sommes pas à Las Vegas et le but est, ici, de se fondre dans le payasage et d'être le moins remarquable possible pour ne rien dénaturer.  Toutes les chambres sont orientées pour constituer de véritables places VIP sur "Monument Valley" et de pouvoir profiter des jeux de lumières au rythme du soleil.

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Pour faire connaître « Monument Valley » alors inconnu du monde entier et, pour remplir ses poches, Harry Goulding se rendit à Hollywood pour y rencontrer John Ford.  Pour arriver à ses fins, il patienta pendant plus de 3 jours avant d’enfin obtenir un entretien.  Impressionné par les photos, John Ford décida, sur le champ, de venir y tourner son prochain Western ; « La chevauchée fantastique » avec John Wayne.  Nous sommes en 1939, un immense plateau de cinéma est né…

Image d'archive sur le tournage de "La chevauchée fantastique" :

 

La chevauchée fantastique

 

 

John Ford lors de la réalisation d'un de ses 9 westerns tournés à "Monument Valley" : 

 

John Ford at Monument Valley

A partir de ce moment, de nombreux Westerns y seront tournés.

Un grand nombre de stars et réalisateurs y sont descendus.  John Ford avait toujours la même chambre, d’un confort nettement plus sommaire qu’aujourd’hui.  

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Vous savez maintenant pourquoi les monolithes de « Monument Valley » nous semblent si familiers tant ils apparaissent dans de nombreux films et dessins animés.

Lucky Luke at Monument Valley

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Sur la route qui nous mène à notre destination, nous scrutons l’horizon afin d’être le ou la première à apercevoir les fameuses aiguilles rocheuses.  Catherine dont le papa est cinéphile à ses heures du moment qu’il y ait des armes, beaucoup de brutes, quelques truands, peu de bons et qui lui a repassé son 33 tours  préféré « The best of Ennio Morricone » semble très marquée par l’endroit.  C’est donc tout naturellement qu’elle s’écria : « Là, là c’est ça, woauhhh t’as vu France comme c’est beau ? »  

Route qui mène au site et première vision :

 

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Elle n’arrêtera pas de me demander de stopper toutes les 3 minutes sous prétexte de tirer un meilleur cliché.  

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Ironie du sort, les meilleurs angles et photos le seront de notre balcon.  

 

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Le spectacle est beau certes mais notre découverte de l’Ouest américain nous a déjà offert de plus spectaculaires vues dans des lieux parfois totalement inconnus.  Si je peux me permettre le rapprochement, « Monument Valley »  a cela d’humain c’est qu’en dehors de sa beauté extérieure, ce qui fait son charme vient surtout de ce qu’il représente…  Bien entendu, je ne parle que du spectacle s’offrant à nos yeux sans tenir compte des drames humains propres à toutes scènes historiques de par le monde. 

A la relecture du dernier paragraphe, je me rends compte qu’il m’arrive d’employer des termes parfois totalement incompréhensibles pour les plus jeunes.  Je m’efforcerai dès à présent d’ajouter une définition afin d’éclairer nos descendants. 

33 Tours : 

Gros disque noir servant à l’époque à écouter de la musique à l’aide d’une machine encore plus encombrante appelée « tourne disque ».  Cet objet sert maintenant surtout de décoration pour les nostalgiques d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (là aussi, impossible pour cette génération de savoir qu’il s’agit d’un plagiat car Aznavour à plus de 90 ans…) et se retrouve essentiellement en brocante… Joke comme l’on dit ici :)

Pour info aux générations à venir...et oui c'était cela... :

tourne disque

C’est chez un petit épicier Navajo que nous achèterons de quoi petit-déjeuner en chemin vers « The Lake Powell ».  

Rien à signaler sur les 130 miles séparant ces deux points si ce n’est, la splendeur des paysages qui peu à peu nous devient familière tant elle est omniprésente.  

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Ci-dessous des Hogans que vous trouverez un peu partout sur le territoire Navajo.  Ces logements étaient construits en bois de cèdre, feuillages et adobe.  Il en existe deux types, les hogans mâles en forme de tipi et quasi disparus à nos jours (nous n'en verrons d'ailleurs pas) et les femelles, ronds et éminement maternels, apparus bien plus tard quand les Navajos se sont sédentarisés et ont commencé à faire plus d'enfants.

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C’est dans un « Marriott » surplombant  le «Lake Powell » à « Page » que nous passerons la nuit.  L’entrée dans l’agglomération est assez remarquable.  En effet, Page est le type même de la ville « champignon ».  C’est en effet en 1957 que le gouvernement décida la construction d’un énorme barrage sur le fleuve Colorado afin d’en contrôler les colères et produire de l’électricité. 

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La ville sortit donc de terre pour héberger les foules d’ouvriers, venus des quatre coins de l’Amérique, employés sur ce méga-chantier.  En témoignent les multiples églises de confessions diverses que nous rencontrerons, toutes regroupées dans un mouchoir de poche.  Sans rentrer dans le détail vous pourrez vous recueillir chez les mormons (dont c’est le fief), les baptistes, méthodistes, épiscopaliens, luthériens,…ou encore Elvispresliens… Le Routard nous apprendra que certaines organisent même des petits-dej ou des après-midi hot dog et concerts, de quoi attirer toujours plus de nouveaux fidèles ! 

De nos jours, l’objectif premier de fournir de l’énergie est relégué au second plan (il faut dire que le barrage ne sert uniquement que de support, durant les heures de pointe, à la centrale au charbon  à la sortie de la ville).  Le tourisme l’ayant largement supplanté.

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En effet, le « Lake Powell », né de la retenue des eaux, est une vraie réussite.  Le spectacle des énormes falaises rouges tombant dans les eaux métalliques du lac est l’une des visions magiques du Sud-Ouest américain.  Le deuxième plus grand lac artificiel des Etats-Unis déroule ces falaises vertigineuses dans lesquelles nous pourrons lire l’histoire de notre terre (comme dans un livre ouvert) et imaginer les animaux préhistoriques qui la peuplaient jadis.  

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Un peu plus loin, après un petit trek de 25 minutes dans le sable, nous accédons au point de vue « Horseshoe Bend. ».  

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Le fleuve Colorado s’enroule autour d’un énorme piton rocheux, tel un fer à cheval, d’où son nom.  Splendide !  Attention toutefois, les mises en garde sont nombreuses car la falaise est friable et peut se dérober à tout instant sous nos pieds…   

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Petite séance d'information en géologie par Catherine sur la lecture du sol et les conclusions à tirer de cette analyse suivant les roches que l'on y retrouve : lit de rivières, fonds marins,...etc Sans oublier les mouvements des plaques et donc du sol en surface suivant les périodes en étant attentif à la composition des strates qui se succèdent... Certains ont Universalis d'autres Google ou Wiki et nous nous avons la petite Catherine...

 

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Cette petite traversée du désert méritera bien une trempette dans la piscine de l’hôtel…

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Vers 19 heures, nous nous rendrons au « Blue Buddha Sushi Lounge » dont le Routard avait vanté les délices… 

 

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Et nous ne fûmes pas déçus, ces sushis « fusion », une vraie tuerie !!!

 

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Une fois la porte d’entrée franchie, une grande salle « lounge », banquettes semées de coussins, aquariums aux murs nous accueille.

Sur la droite, une petite salle plus japonisante, dans les tons rouges et noirs, avec des alcôves plus intimistes.

 

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Le fond sonore se rapproche plus de la musique « country » que des douces mélodies nippones.

Les sushis sont un savant mélange de tradition japonaise et de saveurs mexicaines plus épicées. Vous avez dit « fusion » ?  En voici un excellent aperçu…

Le premier plat sera composé de sashimis, cinq pièces de trois différents...  Le temps de prendre une photo, de reposer mon appareil et de dire "STOP !" afin d'arrêter France dans son élan pour pouvoir au moins en goûter un de chaque...Pffff j'ai failli ne pas voir la couleur du premier plat...

 

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Casquette vissée sur la tête, petite queue de cheval, yeux bleus, grands sourires francs, pantacourt et tatouages sur le mollet et l’avant-bras, Christopher nous fera tout de suite oublier la grosse dame de la veille.  France ne relèvera les yeux de ses sushis qu’à chacun de ses passages.  Du Colorado, il nous rappellera notre Chad rencontré en Afrique du Sud.

La prise de commande est totalement différente de ce que nous avons connu auparavant.  Une copie miniature sous forme de liste reprend l’entièreté de la carte et est disposée sur la table.  A chacune de nos commandes notre serveur y cochera notre choix.  Nous avons quasiment dévalisé toute la carte…  Notre sympathique serveur « Christopher » n’en revenait pas…  Au plus grand plaisir de France et en pensant à son prochain livre souvenir, sa maman, toujours très prévenante, demanda à Christopher de bien vouloir poser à côté de la « petite dragueuse ».

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Le lendemain, nous visiterons « Bryce Canyon » en Utah et, comme pour prolonger notre jouissance gustative de la veille, France et moi petit-déjeunerons avec des sushis…à suivre.

 

 

 

 

 

 

25 octobre 2014

Grand Canyon.

Grand Canyon

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Disposant encore de biscuits et cookies de la veille nous avons pris le petit déjeuner dans la chambre en nous faisant un petit café.

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Soixante miles (100 km) avant l’entrée du « Grand Canyon Park » nous passons devant un parc animalier de réhabilitation  de la faune locale.  

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N'oubliez pas que nous sommes en période d'Haloween et ici on ne badine pas avec cette tradition alors toute les maisons, des plus petites aux plus grosses, tous les musées, magasins, écoles, bâtiments publics,etc etc etc doivent être à la sauce potiron et vampires...

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Un peu comme à « Aywaille », la première partie est un safari où notre véhicule passera d’enclos en enclos à la rencontre des « Rocky mountain goats » (chèvres des montagnes), 

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« American bison or Buffalo », 

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« Wolves » (loups d’Alaska et Arctiques), 

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« junior black bears » 

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et « adult black bears » (ours noirs).

 

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La visite fut commentée grâce à un boitier reçu à l’entrée s’activant automatiquement dans chaque enclos sur le 103.1 de notre autoradio.

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C’est à pied que nous parcourrons le reste du parc où nous croiserons un porc-épic perché dans un arbre,

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un castor endormi dans sa litière, Isaac et Louie deux frères loutres de rivière très jouettes, deux lynx, des bébés ours noirs, moufettes et autres opossums, renards et blaireaux américains.

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Pour éviter de devoir faire le plein dans des endroits trop touristiques, nous avions décidé de faire un petit détour de 2-3 miles par la petite ville de « Williams ».  Bien que très (parfois trop, mais il ne faut pas le lui dire…) documentée, Catherine n’avait pas noté cet arrêt dans notre programme.  

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Le hasard fait parfois bien les choses car cette petite ville est encore traversée par une portion de la mythique « Route 66 ».  

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Les échoppes, saloons, steakhouses et autres curiosités semblent figées dans le siècle passé.

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Vidéo d'ambiance : https://www.facebook.com/video.php?v=10204967069005963&set=vb.1518488125&type=2&theater

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De nature très fière et soucieux de conserver l’esprit Far West, les habitants de Williams sont enclins à jouer voire à surjouer à certains moments…  C’est ainsi qu’en prenant quelques photos, un homme se donnant des airs de John Wayne du 21ème siècle s’est approché de nous pour nous demander ce que nous faisions.  Catherine lui répondit en riant que nous prenions des clichés de quelques bâtiments westerns.  Il rétorqua qu’il pensait que c’était lui que nous prenions plutôt en photo.  J’avoue que l’ayant eu une fois dans mon champ de vision, je trouvais qu’il rentrait parfaitement dans le décor et avais continué à le cadrer…il n’avait donc pas vraiment tort…  Moi je le savais mais Catherine pas, alors je la laissais jouer l’innocente et l’entendit lui répondre que ce n’était pas le cas mais que s’il était le shérif du comté, elle voulait bien en prendre une de lui devant la prison…  Il se mit à rire franchement et tourna les éperons en nous souhaitant une bonne fin de journée. 

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Plus loin, mon attention fut attirée par un saloon où deux gars jouaient à un drôle de jeu.  Je suis donc rentré et n’ai pris aucun risque en allant directement voir la patronne et les joueurs pour demander si je pouvais tirer quelques clichés.  J’ai également demandé les règles du jeu et, pour info, c’est Jack avec les rouges qui mène la partie…  En gros, il s’agit d’un mélange entre la pétanque et le curling mais sur une piste en bois d’environ 4-5 mètres sur une cinquantaine de centimètres de large.  Le premier fait glisser son pion dans une zone à 1, 2 ou 3 points selon sa précision et l’adversaire doit l’en déloger.  Dans l’autre sens c’est l’inverse… 

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Nous achèterons des cartes postales pour les amies de France dans un magasin entièrement dédié à la «Mother Road» et prendrons encore quelques photos de cette charmante bourgade avant de reprendre notre route vers « Grand Canyon ».

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A quelques encablures de l’entrée du Grand Canyon, notre GPS nous emmena sur un sentier à travers bois…après plus de 6 miles sur un terrain très accidenté, nous avons abouti en plein cul de sac juste après avoir traversé des rails en pleine nature et pénétré en réserve havasupai…  Nous avons donc fait demi-tour malgré les invectives de notre GPS nous ordonnant "Please, make a U-turn" et avons repris notre route initiale.  3 miles plus loin nous arrivions aux guichets d’entrée du « Grand Canyon Park ».  A partir de là, nous avons commencé à avoir un doute sur les choix de notre GPS…

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Un grand Ranger tout sourire nous propose de nous acquitter de 25$ pour avoir accès au site.  Je lui demande s’il serait plutôt possible de prendre l’abonnement d’un an à tous les grands parcs américains (Agency Pass America the Beautiful).  Etonné et fier, il me dit que  c’est une excellente idée et que nous ne serons pas déçus de nos visites.  Même si l’abonnement d’un an semble exagéré à première vue, il faut savoir que cela revient à 80$ par véhicule et que nous allons faire au moins 5 grands parcs…le calcul était donc vite fait ! 

Le site du « Grand Canyon » est, comparativement aux autres endroits où nous sommes passés jusqu’à présent, nettement moins bien signalé.  Heureusement que Catherine a encore fait appel à son remarquable sens de l’orientation car si j’avais été seul, je crois que nous tournerions encore…  Après avoir fait un petit tour dans le village, et oui l’intérieur du parc est, à notre grande surprise, habité et on y retrouve églises, écoles et habitations privées, nous nous sommes rendus au « Yavasupai Point».  Avant d’y arriver, nous avons fait une chouette rencontre.  Un petit groupe de  biches et cerfs en train de brouter paisiblement sur le bord de route.

 

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Petite vidéo de Bambi and Cie :

https://www.facebook.com/video.php?v=10204967035525126&set=vb.1518488125&type=2&theater

 

Le premier coup d’œil sur le Canyon est époustouflant.  Le soleil couchant nous offre une luminosité exceptionnelle pour admirer l’immense faille, hérissée de pitons majestueux, au fond de laquelle coule les eaux chargées de limon du  fleuve Colorado. 

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L’une des sept merveilles naturelles au monde, le Grand Canyon est une formation géologique unique qui s’étend du sud de l’Utah au nord de l’Arizona. On peut y lire les deux cinquièmes de l’histoire de la Terre.  La couche  la plus ancienne au fond du Canyon remonte à 1,8 milliards d’années tandis que la rive sur laquelle nous nous tenons date « seulement » de 5 millions d’années.                                                                                 

Quelques chiffres :

Le fleuve Colorado sinue sur près de 445 km. Le Canyon peut atteindre 1.829 m de profondeur pour une largeur maximale de 29 km. Les différences d’altitude considérables abritent 5 des 7 grandes zones climatiques du globe.

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Notre volonté d’éviter juillet/août, période de grosse affluence, nous permet de partager cette expérience avec très peu de visiteurs.  Mis à part un car de Japonais que nous laisserons au parking, nous y verrons quelques personnes en méditation, une famille de Français et une vingtaine d’américains dont une majorité de retraités venus profiter de la beauté des lieux.  

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La nuit tombante et le vent glacial d’automne nous forcent à quitter les lieux pour nous rendre au check-in de l’hôtel.  Une fois de plus, un très bon choix ! Je me répète mais bravo Catherine.  Les petits bungalows du  « Yavapai Lodge » sont disséminés dans le bush entre le village et les points panoramiques principaux.  Avant de nous installer nous irons manger au restaurant du premier hôtel ayant vu le jour sur le site, d’abord avec quelques tentes puis un gros chalet de style « pionnier».  Nous étions pourtant prévenus, les quantités aux Etats-Unis sont au moins deux fois supérieures à celles que nous connaissons en Europe.  De plus, la coutume veut que le choix de l’entrée soit généralement un choix pour la table que plusieurs convives partageront.  Cela veut dire que lorsque vous commandez l’entrée, on vous la sert au centre de la table avec une assiette et des couverts pour tous et tout le monde pique dedans…  Ceci implique que l’entrée servie soit conséquente afin que tout le monde en profite.  Nous le savions mais l’avions complètement oublié… Résultat, nous avions commandé 3 entrées qui se sont succédées au centre de la table avant que notre énorme steak viennent nous achever.  Mis à part France qui n’a pratiquement pas touché à son plat, Catherine et moi lui avons fait honneur.  Nous avons tous beaucoup ri et sommes ensuite partis à la recherche de notre bungalow.  Comme je l’ai précédemment signalé, les directions sont assez mal renseignées et c’est avec un peu de bon sens et beaucoup de chance que nous avons trouvé notre studio dans la nuit noire.  Pendant que je déchargeais les valises, un couple d’une bonne soixantaine d’année m’a accosté pour me demander son chemin.  Ils m’ont expliqué que cela faisait un petit temps qu’ils tournaient en rond et que la dame fatiguait alors si je pouvais les emmener en voiture jusqu’à leur chambre ils m’en seraient très reconnaissants.  Ce que je fis sans la moindre hésitation. J’appris par la suite qu’ils voyageaient à bord d’un car de tourisme. Nous avons pu constater en effet que nombre de retraités américains  (eux, ils ont le temps…) aiment à visiter leur pays et avalent des miles à bord de mobil homes tractant voiture, buggy ou encore moto…  Avec uniquement deux semaines de congés payés par an (et encore, il est vraiment bien vu de les laisser tomber…), la population active des US peut difficilement se le permettre…

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Le lendemain matin, nous nous levons aux aurores afin de profiter du lever de soleil sur « Mather point »; autre point de vue mémorable sur le Canyon.  

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Alors que je prenais une photo, France remarqua une boule de poils a à peine un mètre de moi. Un petit écureuil gris se prélassait au soleil sur un rocher. A l’instar des coatis rencontrés au Mexique, ils semblent familiarisés à la présence humaine et de ce fait, peu farouches. 

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Pendant que France jouait à cache-cache avec son écureuil baptisé « Chouchou » Catherine blablatait avec une mamy Américaine qui, comme beaucoup, entamait la discussion en nous entendant parler Français.  Nous parlons souvent du « rêve américain » et eux du « rêve européen » et surtout de Paris et de Venise.

Ensuite, nous nous baladerons le long de la faille pour profiter de la splendeur des lieux et de la sérénité qui s’en dégage.  Durant de longues minutes, nous serons tantôt photographes, tantôt sujets, tantôt simples spectateurs. 

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Depuis notre départ, la pile de ma montre nous a abandonné.  Afin de profiter au maximum de notre voyage nous n’avons pas jugé utile de la remplacer.  Aujourd’hui, nous avons failli le regretter amèrement.  En effet, nous étions attendus à neuf heures précises à « Grand Canyon Airport » pour un survol du célèbre Gouffre en hélicoptère.  D’un pas soutenu nous rejoignons notre SUV où le GPS nous indique une arrivée à 9h30 et l’horloge du tableau de bord affiche 8h50.  Notre baptême en hélicoptère semble compromis !  Au premier carrefour, notre subtile GPS nous demande de prendre à droite.  Catherine réagit de suite : « Mais qu’est-elle raconte encore cette idiote !  Je suis certaine que c’est à gauche. ». N’ayant manifestement pas encore capté que nous avions plus intérêt à faire confiance à minou plutôt qu’à cette stupide machine je répondis : « Désolé minou mais je ne vais pas prendre une route dans un endroit que tu ne connais pas simplement sur base de ton intuition. ».  Pas compliquée, Pluche rétorqua : « Comme tu veux mon chéri mais moi je te dis que c’est dans l’autre sens et que nous sommes juste à côté de l’aéroport. ».Têtu, je continuai ma route.  A peine deux minutes plus tard, me rendant compte que mon GPS battait le beurre je fis demi-tour et osai timidement une question : « Heu…peux-tu me guider mon petit cœur ? ».  L’air ironique, petit sourire en coin le nez légèrement relevé elle chuchota : « Ha ! Aurais-tu besoin de mon intuition maintenant ? ».  N’attendant pas l’unique réponse possible à cette question elle enchaîna : « D’après moi, c’est 3-4 miles plus loin et on est dans les temps. ».  Sans un mot, je suivis ses instructions et, sans surprise aucune, nous arrivâmes à bon port.  Après bientôt 19 ans et maintes expériences il serait peut-être temps que je comprenne que minou est bien plus sûre que Tom Tom ou Garmin.  

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Le check-in à l’héliport dura 2minutes.  A tour de rôle, nous serons pesés afin, je suppose, de répartir nos poids dans l’appareil.  Nous assisterons ensuite à la projection d’un film reprenant les consignes de sécurité.  En attendant notre vol, une timide adolescente se fera enguirlander à cause de France.  En effet, France qui hésite rarement à exercer son anglais s’adressa à un monsieur en travers de sa route.  L’homme s’excusa et se retourna vers sa fille en disant : «Tu vois, la petite fille elle n’a pas peur de parler anglais elle ! ».  Tout comme nous, ce couple de Français, accompagné de leur fille visitait l’Ouest américain.  Ils prendront place à nos côtés dans pour la balade.  A l’heure actuelle on se demande encore pourquoi nous avons été obligés de nous munir d’un gilet de sauvetage pour survoler une zone aride ! 

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France et Catherine auront la chance de prendre place à coté de Roger, notre pilote. 

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  Après un décollage en douceur, l’hélicoptère piqua légèrement du nez avant une vive accélération qui nous emmena rapidement à une centaine de mètres dans les airs.  Pendant que nous traversions le « bush » entourant le Grand Canyon, nous fîmes connaissance avec Roger qui nous proposa gentiment de profiter des explications en français sur la formation du G.C.  

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Munis de casques, nous ne serons nullement dérangés par l’atmosphère bruyante de l’habitacle.  Bien au contraire, c’est sur un fond de musique relaxante ("Now you are free" de Gladiator ou encore, "Oxygène" de Jean-Michel Jarre, …) que nous survolerons en douceur la 7ème merveille naturelle du monde.  La sensation de bien-être et l’émotion particulière qui en découlent est impossible à coucher sur papier.  J’espère que les petites vidéos et quelques photos ci-dessous vous ferons ressentir une once de ce que l’on a vécu.  La découverte du G.C. à la façon du vol plané de l’aigle est incontestablement la meilleure manière d’en retirer toute sa magnificence.

 

Vidéos : https://www.facebook.com/video.php?v=10204967045325371&set=vb.1518488125&type=2&theater

 

Photos :

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De retour sur terre, nous nous accorderons tous à dire que, sans cette expérience, nous aurions vraiment raté quelque chose. 

En route vers «Monument valley » et « Lake Powell », nous resterons silencieux de nombreux miles durant, submergés par nos émotions…  à suivre…                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25 octobre 2014

Premiers pas en Arizona.

Premiers pas en Arizona.

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La petite baignade de la veille, le restaurant mexicain et, très certainement, le contrecoup du jet-lag nous avaient tous bien assommés. Je me réveillerai cependant à 5 heures du matin, poursuivrai la rédaction du blog et déciderai finalement de réveiller mes princesses vers 8 heures du matin.

Pendant que Catherine s’occupera du check-out, je me battrai avec les divers ATM afin d’en trouver un qui acceptera ma carte.  C’est dans un « Walmart » (grande surface avec buffet traiteur) à quelques miles de l’hôtel que nous nous ravitaillerons.  Nous n’y retrouverons pas la variété, ni la finesse du « Whole Foods Market» et nous contenterons donc de quelques viennoiseries et autres cookies plus industriels accompagnés de deux cafés glacés. Profitant du rayon vêtements, Catherine achètera deux pantalons et une ceinture pour deux francs six sous.

Quelques clichés qui nous paraissaient représentatifs du décor qui s'offrait à nous : (Petites collines, Motel, cactus,…)

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Notre prochain grand rendez-vous est le Grand Canyon situé à 500 miles via les « Interstates ». Nous avons donc prévu de couvrir cette distance sur deux jours afin de nous laisser le loisir de visiter quelques centres d’intérêt dans la région. La première curiosité dans laquelle nous nous arrêterons est le petit hameau de Wickenburg. 

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Wickenburg; petite ville authentique qui sort tout droit de la fin du XIXè siècle, tire son nom d’un Autrichien venu y faire fortune après avoir découvert un gisement d’or lui ayant rapporté 30 millions de dollars.  Les devantures d’époque des magasins lui donnent un cachet très « Western ».  Les rues sont décorées de personnages célèbres ou simplement représentatifs de ceux ayant contribués à sa naissance.  Un petit bouton poussoir enclenche le récit d’une tranche de vie ou de coutumes oubliées visant à nous informer sur la conquête de l’Ouest.  

Comme l'histoire de cette jeune dame venue enseigner et trouver un mari.  Elle devait ensuite laisser la place à une autre pour s'occuper de son foyer...

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Là où le cheval de fer s'arrêtait, une ville poussait comme un champignon.

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Ces nouvelles cités attiraient de nouveaux colons en quête de réussite sociale telle cette afro-américaine dont le seul talent était de faire la cuisine.. Son intuition fut bonne car des quelques tentes rudimentaires du début, elle fonda le premier hôtel de la ville...

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Les gisements d'or qui n'ont contribué à faire la fortune que de très peu de veinards.  La majorité des personnes ayant vraiment profité de cette ruée vers l'or sont les exploitants de commerces comme les saloons, hôtels, selleries, épiceries, quincailleries,...etc

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Une partie des colons étaient Mexicains; eux aussi voulurent profiter de cette manne céleste...malheureusement, trop rare. On l'ignore souvent mais les vaqueros mexicains ont tout appris aux colons européens en ce qui concerne l'art de guider le bétail...

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Les cow-boys vivaient des semaines durant loin de toute civilisation, reclus dans un monde plutôt viril. Leur seul souhait une fois de retour en ville, retrouver un semblant de chaleur féminine. Un débouché que certaines femmes de l'Est ont mis à profit...

 

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Wickenburg est sorti de terre tellement vite que la population n'a pas eu le temps de construire une prison.  Pour y remédier, ils enchaînaient les criminels à un arbre; "The Jail Tree"

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Ne vous étonnez pas de croiser une grosse mygale ou un crotale, la ville en est remplie…  à plusieurs reprises, nous avons sursauté en tombant nez à nez avec l’une de ces charmantes créatures.  Heureusement, elles ne sont pas plus réelles que les personnages mis en scène et illustrent simplement la faune locale.  Une habitante nous expliquera d’ailleurs n’avoir vu qu’une seule fois une araignée traverser la rue et qu’elle s’est arrêtée pour ne pas l’écraser. Depuis lors, elle ne passe plus à pied dans ce coin sachant que son terrier ne doit pas être bien loin…  Son mari a vu un scorpion et deux serpents.  Vous avouerez que pour ce couple de septuagénaires, c’est quand même fort peu.  Malgré tout, ils conseilleront à France de ne pas se promener en slashs en dehors de la ville mais, à l’image des cow-boys, avec des chaussures hautes très solides car il y a de fortes chances que dans le désert nous en rencontrions.  

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On ne peut parler de la faune locale sans évoquer notre bon vieux "Bip-Bip"... Ici, on l'appelle "roadrunner" et il tient plus du coucou que de l'émeu... Nous, on l'a rebaptisé "l'oiseau le plus con de l'Ouest" car il a pour manie de suivre, à toute allure, les diligences, les trains de marchandises et, aujourd'hui, les voitures... 

Bip bip et vil coyote montage

La plupart du temps, nous nous efforçons d’éviter de faire des généralités mais si l’on nous demande quelle image nous avons de l’américain en Arizona, nous pensons de suite au « cow-boy » plutôt bien bâti avec son chapeau et ses « santiags ».

A peine arrivés dans Wickenburg, nous en voyons sortir l’archétype d’un magasin.  Je le montre à Catherine et France en leur disant que je vais aller le prendre en photo.  Elles me disent de laisser tomber et de foutre la paix à ce bonhomme qui n’a pas l’air très commode…  Qu’à cela ne tienne, l’air ne fait pas la chanson, je stoppe notre jeep à sa hauteur et descends de voiture, armé de mon « Canon ».  Me voyant approcher, Bruce s’arrêta de charger l’arrière de son gros pick-up et s’appuya sur la carrosserie en me fixant du seul œil que j’apercevais sous son stetson.  Un instant, j’ai cru que lui aussi sortirait son canon…  Sans me démonter, je pris mon air le plus sûr et décontracté en me présentant et lui expliquai que cela pouvait sembler étrange mais qu’il représentait pour nous l’image type du cow-boy de l’Arizona avec son chapeau, ses chaussures et son gros pick-up. Il marqua un temps avant de me dire de sa grosse voix « Ok man ».  Pendant que je le prenais en photo sans insister plus pour qu’il prenne la pose, il continua à charger ses courses en riant gravement.  Je le remerciai et il s’approcha de moi en me tendant la main pour se présenter.  Bruce nous souhaita un excellent voyage.  Je rengainai donc mon Canon en le voyant s’éloigner sur sa monture en chantant : « I’m a poor lonesome cow-boy… »  

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Au détour d’une rue, nous admirions les réalisations exposées dans la vitrine d’un sellier (artisan spécialisé dans la confection de stetsons, santiags, ceintures porte-pistolets ciselées et bien sûr, de selles westerns) lorsque l’aimable commerçant nous invita à entrer. 

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Fièrement, il nous fera découvrir son univers, ses créations et pièces de collection. Nous verrons son atelier,

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ses moules de différentes tailles utilisés pour la confection des stetsons, de multiples modèles de bottes en peau de lézard, autruche ou serpent, ainsi que quelques ornements pour chapeaux et autres selles. A titre d’information, les stetsons débutent à 200 dollars, les bottes vont de 800 à 3 500 dollars et comme pour toute pièce unique dans une matière noble, les prix n’auront de limite que celle de votre carte de crédit.

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Ses clients viennent du monde entier, il y a ceux qui franchissent la porte de son magasin (locaux ou cow-boys de passage à l’occasion de rodéos organisés dans la ville) mais également ceux qui commandent par téléphone ou par internet. L’entrée de l’un de ceux-ci sonnera pour nous l’heure de prendre congé. 

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Avant de reprendre la route nous nous désaltérerons dans un saloon assez « typique ». L’intérieur est sombre et juste illuminé par quelques néons publicitaires, deux cow-boys Budweiser à la main sont adossés au grand zinc, plusieurs machines à jeux clignotent et couinent par intermittence, quelques billards attendent les joueurs, trois télévisions rediffusent les derniers matchs de base-ball, hockey sur glace et football américain du week-end, une pancarte rappelle que les armes ne sont pas autorisées dans l’établissement et, dans le fond, une petit scène où de vieux micros et baffles patientent jusqu’au prochain show « country ».   

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L’aimable serveuse nous servira deux bières et un soft pour France.

Je crois tenir un bon cliché et demande à France de mimer un partie de billard une Budweiser vide à la main. La serveuse accourt sur le champ, blême, en nous demandant de la lui enlever. Quel impair ! Cela pouvait visiblement lui coûter gros (tout comme à nous d’ailleurs…parents indignes va !)

Voici diverses photos comme l'incontournable distributeur à journaux, un vieux cinéma ou encore le pick-up qui, en Arizona, représente 80 à 90 % des véhicules.

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Pour rappel, nous avions prévu deux jours pour nous rendre au Grand Canyon. Catherine a choisi de loger au Saguaro Hotel de Scottsdale, seul quartier cossu faisant partie de l’immense agglomération de Phoenix.

Suite aux renseignements récoltés, tant dans nos guides que sur les forums, son gigantisme, le manque de charme et l’éloignement des quelques points d’intérêts découragent plus d’une voyageur. Bref, la capitale de l’Arizona ne vaut guère le détour.                              

Pour la première fois, et comme si cette ville plus impersonnelle déteignait sur ses habitants, l’approche  des employés de l’hôtel fut plus rude et moins décontractée. A peine arrêtés devant l’entrée du Lobby, le « valet » (terme usité ici) ouvre la portière de Catherine, la pressant de sortir afin de se rendre au check-in pendant qu’avec son collègue ils s’occuperont de nos bagages et du véhicule. Etant affamés et n’ayant qu’un petit sac à sortir avec nos ustensiles de toilette, il me paraissait inutile d’aller garer la voiture pour la reprendre 5 minutes plus tard et faire porter, pour 10 dollars, des valises que nous n’ouvrirons quand même pas. Suite à mon refus de lui laisser les clés de la jeep, il me pria gentiment d’aller voir ailleurs si je n’y étais pas…De retour du fast-food le plus proche, nous avons tourné plusieurs minutes avant de nous rendre à l’évidence, nous ne trouverons pas de place de parking sans faire appel au valet…Ce n’est pas tant les 2 dollars à laisser au voiturier qui me dérangent mais surtout le fait de devoir faire appel à lui à chaque fois que je devrai me rendre à la voiture au cas où nous aurions besoin de quelque chose. D’autre part, tout semble organisé afin de rendre le pourboire incontournable car, au lieu de nous fournir un plan comme partout ailleurs, la seule réponse à la question de savoir où se trouve notre chambre sera : « voyez avec le groom ». Une fois dans la chambre, j’ai plongé sous la douche et me suis installé dans le lit avec mon Pc… Bingo, comme je le craignais j’ai oublié un petit détail important dans la voiture. Pas de chance, il s’agit de mon adaptateur US. Je n’aurai donc que 30 minutes d’autonomie  pour continuer le blog ce qui ne me permettra pas de poster mon article. N’ayant pas le courage de me rhabiller, de retourner au lobby et d’attendre que le voiturier me ramène ma voiture, je décidai de taper quelques lignes et d’en rester là pour aujourd’hui… à suivre…

 

 

22 octobre 2014

De Los Angeles à Palm Springs.

     De Los Angeles à Palm Springs.

 

 

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Des images plein la tête, nous sommes allés nous promener en bordure d’océan Pacifique et plus précisément à « Venice », connue pour ses quelques canaux d’inspiration Vénitienne et sa plage ; « Muscle Beach » qui accueillit jadis Arnold Schwarzenneger.

Ce quartier tient son nom de l’admiration d’un excentrique fortuné qui, lors d’un voyage en Italie, tomba sous le charme de « Venise ».  De retour au pays, il décida de construire une reproduction des canaux.  Au début du XXème siècle, on pouvait même y voir des gondoles directement importées d’Italie.

 

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Cette plage n’a rien à voir avec les plages touristiques que l’on retrouve ailleurs c’est le rendez-vous des skateurs, danseurs, bodybuildeurs, surfeurs, et zoneurs en tout genre.  On n’est pas vraiment là pour faire du sport, entretenir sa forme ou sculpter son corps, non, non, ça c’est le prétexte.  Comme le faisait très justement remarquer une publicité pour une banque à Roland Garros, si on est là c’est pour être vu !  Et oui, au pays des exhibitionnistes, « Venice Beach » en est très certainement la capitale. 

Nous arrivons en fin d’après-midi mais malgré cela nous tournons de longues minutes avant de nous rendre à l’évidence, nous ne trouverons pas de places de parking et n’avons d’autre choix que de rentrer dans un parking payant.  Les petites ruelles parallèles à la plage ne sont constituées que de petits parkings où les employés se battent pour alpaguer chaque véhicule et en caser 50 là où il n’y a place que pour 30 !  En moyenne c’est 10$ la journée, en général on n’y reste qu’une à deux heures tout au plus mais c’est un prix unique et chaque emplacement est une poule aux œufs d’or pour son propriétaire…  On finit donc par rentrer dans un de ces parkings où le gars me guide tout au fond pour insérer mon véhicule comme on le ferait dans une partie de Tetris.  Ensuite, il vient à ma portière et me demande 15$ ?!  Je lui fais gentiment remarquer que le prix affiché est de 10$ et il me répond tout aussi gentiment que c’est 15$ quand même et que si je veux 10$ il faudra que j’aille ailleurs.  Probablement persuadé qu’il me sera impossible de sortir de là tout seul, il insiste pour recevoir ses 15$.  Inutile de discuter, je lui souhaite une bonne fin de journée, enclenche ma marche arrière, fais quelques manœuvres au centimètre près et me rends juste en face où je demande confirmation du prix de 10$ avant de rentrer.  Dans un endroit où l’ego est démesuré, je pouvais faire un peu de mon ronflant et prouver combien je maîtrisais déjà bien mon SUV automatique, non ? Ok, je sors… 

De petits attroupements parsèment la plage et attirent notre attention. Le premier est le rendez-vous des skateurs qui, au rythme de musiques techno, s’affrontent à tour de rôle et surenchérissent dans la réalisation de leurs figures.  Les uns derrière les autres, ils s’élancent dans la « bowl » sous le regard admiratif ou railleur des fans, de leurs pairs et maîtres bien souvent réunis autour d’un « tarpé »… 

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Un peu plus loin, jeunes et moins jeunes, voire « vieux » se déchaînent avec ou sans rollers, la musique dans la peau ou… pas du tout et avec, pour la plupart, comme principal leitmotiv d’être vu. Tous ces acteurs ont pour point commun un look très particulier; de l’Apollon au corps sculpté et huilé au retraité ramolli mais tout aussi huilé en passant par passant par le sosie de Samuel L. Jackson arborant fièrement les couleurs de l’oncle Sam. 

 

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 Entre ces deux rassemblements, nous croiserons  les inévitables surfeurs californiens à l’affût de « La » vague, de riches quinquagénaires accompagnés de leur coach sportif, de jeunes minettes exhibant leurs formes (eh oui Eric…). En chemin, nous ne résisterons pas à prendre en photo le poste de guet des Lifeguards sur ces plages qui ont vu tourner Pamela Anderson dans « Alerte à Malibu » pour pallier le manque de grandes plages sur Malibu même… (vraiment désolé Eric, Pamela était absente ce jour-là…).  

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Pour rejoindre « Muscle Beach », nous traverserons des terrains de basket où de petits blancs tatoués se mesurent à de grands blacks musclés et non moins tatoués… A cette heure, et en cette période de l’année, le « Muscle Beach Club » et ses gradins qui l’entourent sont déserts. Nous ne les verrons donc pas soulever la fonte…  

 

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« Ocean Front Walk » offre une atmosphère bon enfant, où se mélangent vieux hippies sympathiques et un peu fatigués, petits commerces colorés de souvenirs bon marché, tatoo shops peu reluisants, musiciens en plein air, fast-foods et autres artistes de rue; une vraie cour des miracles.

Notre visite se terminera par la découverte des derniers canaux encore visibles de nos jours, bordant de paisibles quartiers résidentiels.

 

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Lors de l’élaboration de notre voyage, nous avions fait le choix d’éviter les petits déjeuners continentaux de nos hôtels pour privilégier le mode de vie à l’américaine. C’est pourquoi, chaque matin, nous tentons de diversifier nos expériences. Aujourd’hui, Catherine a prévu de nous faire découvrir le « Whole Foods Market » spécialisé en produits bio (dites « organic » de ce côté de l’Atlantique). 

 

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France n'avait pas vraiment envie de manger ici, quant à moi, je dois bien reconnaître que je me demandais quelle idée loufoque avait pu avoir Catherine…

Une fois de plus, ma moitié fut divinement inspirée. Perdus devant la diversité du choix offert, nous avons commencé par observer les nombreux habitués, parfois munis de leur guide diététique.  Plus tard, je consacrerai un paragraphe aux habitudes alimentaires aux US mais pour l’heure, nous optons pour un chocolat chaud équitable, un café brésilien et un thé Earl Grey, une portion de porridge, deux yaourts grecs aux fruits frais et muesli et quelques cookies maison. Nous dégusterons le tout attablés aux côtés de locaux sur une petite terrasse à la sortie du magasin, où sont à disposition couverts et serviettes.     

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De là, nous avons pris la direction de Beverly Hills en empruntant la célèbre route des crêtes Mulholland Drive pour redescendre vers  Sunset Bd 

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et Rodeo Drive; l’artère la plus chère au monde. Voici deux enseignes mais vous pouvez retrouver toutes les marques possibles à l'unique condition d'être très très onéreuse.

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Nous traverserons ensuite le luxueux quartier de Bel Air. La qualité de vie est partout palpable à Los Angeles mais Berverly Hills et Bel Air sont indiscutablement un cran haut de dessus.

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Les jardiniers, souvent Mexicains, n'ont aucun souci pour trouver des clients,

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toutes les grosses propriétés sont cachées derrières d'immenses palissades et portails tous équipés de code et caméra de surveillance,

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Les goûts les plus douteux sont également au rendez-vous...

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et les parcs ont des aires réservé à la pratique du golf ou à l'apprentissage d'autres sports...

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A plusieurs reprises, France avait suivi un documentaire tourné au musée « La Brea » de Los Angeles. Il aurait été dommage de le manquer. La particularité du site est de regorger de champs bitumeux qui, lors de l’ère glaciaire, ont pris au piège de nombreux animaux. Des herbivores (mammouths, chevaux, chameaux paresseux géants..) 

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ainsi que beaucoup de carnivores (ours à face courte, canis dirus ou loups géants, smilodons ou tigres à dents de sabre,…) venus se repaître des carcasses ou de bêtes agonisantes sans avoir flairé le danger.  

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Une visite du musée couplée au tout nouveau « excavation tour » nous permet de découvrir les coulisses du site et les paléontologues au travail.      

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Nous apprendrons que les chercheurs ont, depuis 2008, pu extraire 23 blocs de bitume d’environ 12m³. L’analyse complète d’un bloc requiert une année de travail. Ils ont donc encore de l’ouvrage pour 17 ans, sans compter les nouveaux à mettre à jour… !  

Pour information, 5 millions d’ossements ont été dégagés des 6 premiers blocs… (Ci-dessous une petite partie d'un bloc)

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Lors de notre arrivée, nous nous étions laissés prendre au jeu de la petite photo « mise en scène » sur fond d’écran vert (vous vous souvenez, tout ce qu’on voulait éviter en Thaïlande lors de la visite des pandas géants et dont les chinois raffolent… fontaine, je ne boirai jamais de ton eau…), en voici le résultat : 

 

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Finalement, cela nous fera un bon souvenir…  

 

Nous clôturons cette après-midi en beauté, enchantés par cette découverte.

C’est à contrecœur que nous quittons momentanément la « Cité des Anges » pour mieux y revenir dans quinze jours. Il sera alors temps de vous présenter plus en détails les origines de L.A. mais, pour l’heure, nous roulons sur l’Interstate 10 en direction de Palm Springs. Le contraste sera très certainement saisissant entre la mégalopole de Los Angeles, deuxième plus grande ville après New-York, regroupant pas moins de 18 millions d’habitants et la petite ville de Palm Springs née artificiellement du détournement du fleuve Colorado.  

Au fil du trajet, le paysage se transforme et devient plus aride. La première chaîne de collines franchie, nous roulons deux heures durant à travers le désert californien. Aux abords d’un champ de plus de mille éoliennes,

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une oasis improbable apparaît. 

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Tel un échiquier de verdure posée sur le désert, Palm Springs abrite la retraite dorée de milliardaires et les résidences secondaires de vedettes du Show-Business, ayant dépensé des fortunes afin d’implanter pas moins de 42 greens et irriguer leurs propriétés parfaitement intégrées dans le paysage (si bien intégrées qu’on ne les verra d’ailleurs pas…).

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En effet, afin de laisser la primeur aux magnifiques palmiers californiens, oliviers, yuccas et autres cactus-chandeliers géants, les pavillons, complexes commerciaux et hôtels ne peuvent dépasser 3 étages. 

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Tout comme à L.A., les pelouses sont plus que régulièrement tondues, la végétation taillée… aucun immondice ne parsème les rues. L’Amérique semble plus respectueuse de son environnement que nous le sommes même si on se pose la question de savoir si un peu moins de rigueur dans les tailles de gazon et arbustes ne serait pas plus écologique, sans parler du bien-fondé du énième détournement du fleuve Colorado…

Une des particularités de Palm springs est de compter pas moins de 30% de « Gays » parmi ses habitants; ces derniers affichant ouvertement leur appartenance à cette communauté  (voir cliché ci-dessous où le propriétaire semble aussi fier d’être américain que « Gay ») :

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Après un petit tour de ville pour s’imprégner de l’ambiance, nous nous installons au Saguaro Motel.  Connaissant Catherine, vous vous doutez que le Saguaro Motel n’a rien à voir avec le « Bates Motel » (Psychose)… Certes, ce n’est pas l’Hilton de Los Angeles mais l’endroit est propre, équipé de toutes les commodités, les chambres y sont spacieuses, la piscine et les jacuzzis  sont bien implantés au centre du complexe dans un petit écrin de verdure, papillons colorés et colibris y virevoltent de fleur en fleur. 

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L’hôtel dispose même d’un restaurant mexicain où nous nous rassasierons de « nachos » et « ceviche » (Que nous avions tant appécié il y a trois ans au Mexique)

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après que Catherine et France se soient délassées dans la piscine et que je finalisais un article du blog.

 

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Demain, nous quitterons la Californie pour l’Arizona; pays du Western. Le plus somptueux des états de l’Ouest multiplie les splendeurs au format Cinémascope. Un hymne absolu aux grands espaces et la mémoire du Far West… à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

20 octobre 2014

Universal Studios Hollywood

             Universal Studios Hollywood.

 

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Suite au décalage horaire nous nous sommes tous les trois réveillés, frais et dispos, à 4heures 30 du matin.  Tellement bien reposés que nous décidions d’en profiter pour flâner dans les rues de Los Angeles.  

C’est ainsi qu’à 6heures du matin nous encodions dans notre GPS toutes les adresses où Catherine avait décidé de nous emmener.  Sur les conseils de notre Amie Nicole, nous avons débuté la journée par un petit déjeuner pris dans un  « Starbuck Coffee Shop » car le café y est, paraît-il, de très bonne facture.  Merci Nicole, nous confirmons et, pour ne rien gâcher, les donuts sont excellents, les viennoiseries originales et ils proposent même de petites portions de fromage blanc au Muesli et miel.  Voilà une journée qui commence sous les meilleurs auspices.  

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Une fois le petit déjeuner englouti, nous nous rendons au « Walk of Fame », vous savez ce boulevard où sur un mile (1,6 km) les trottoirs sont couverts d’étoiles aux noms de vedettes ayant estimé leur ego au minimum à 25 000€ !!! 

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Hollywood boulevard et son mythique Hard Rock Cafe :

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Sur cette somptueuse artère Hollywoodienne, on peut surtout y admirer les empreintes que des stars du show business ont laissées dans le béton.    Quelle intuition de génie ou plus honnêtement, quel coup de pot !  Il n’y a pas un chat à sept heures du matin sur « Hollywood Bld » et les dalles en face du  « Chinese Grauman’s theatre » sont toutes pour nous à l’exception d’un groupe de 6 Français et de leur guide qui leur signale que c’est la meilleure heure pour venir car ensuite, il y a tellement de monde que l’on ne voit plus rien.  Le théâtre Grauman  est un cinéma créé au début du siècle par un passionné de Chine et à l’acoustique exceptionnelle d’où les grandes premières qui s’y déroulent depuis le début du cinéma. 

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Grauman a réussi à attirer deux grandes stars du cinéma des années 20 pour y sceller leurs empreintes et initier ainsi cette tradition originale.  Le plus cocasse c’est un maçon Français qui, le premier, posa son empreinte de main dans le ciment.  Grauman lui demanda ce qu’il faisait.  Il répondit qu’à l’image de ses ancêtres, bâtisseurs de cathédrale, il est important de laisser sa marque pour la postérité…Cocoricoooo !

En voici quelques-unes :

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La suivante tout spécialement pour Nicole :

 

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Après quoi, nous comptions reprendre notre carrosse...

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En descendant la rue je vis les célèbres lettres « HOLLYWOOD » à flanc de colline.  J’avais, par la même occasion gagné un petit concours entre nous qui était de devoir les trouver en premier.

Là on ne les voit pas très bien mais c'est de l'endroit où je les ai aperçues...

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Nous avons tiré quelques photos en profitant toujours du peu de monde et France a tenu à acheter deux trois petites babioles pour ses amies.  

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Il était maintenant 9heures du matin, heure à laquelle la masse touristique commence à déferler et, par conséquent, celle où nous partons ;)  Il était grand temps de nous rendre au point d’orgue de notre journée « Universal Studio Hollywood ».  La traversée de Los Angeles était magique et nous plongea déjà dans le monde du cinéma grâce à ses grands boulevards bordés de palmier, ses 4x4, SUV, Hummer et grosses cylindrées rutilantes, le tout sous le soleil et, avec en point de mire, « HOLLYWOOD ».

Dans les grandes villes, le budget parking est assez conséquent et, aux USA, si vous vous garez en infraction la fourrière embarquera directement votre voiture et si vous ne payez pas le parcmètre.... même sanction !  Et pour vous donner tous les moyens de paiement possibles, les horodateurs vous permettent même de régler via votre carte de crédit.

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Voici le détail de notre première journée; le parking à l'hôtel revient à 30$/jour, le parking à proximité du "Walk of fame" à 20$, celui des studios Universal à 30$ (Nous aurions pu prendre une place à 16$ mais avons privilégié une place VIP juste devant l'entrée :) ) et en soirée, un parking en bord de plage pour 10$.  Et oui, cette première journée a représenté pas moins de 90$ uniquement pour le parking c'est à dire 70€.  Heureusement cela est tout différent ailleurs...

Universal Studios Hollywood :

 

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Munis de nos vouchers prioritaires, nous n’avons aucune file à faire et une hôtesse nous fait franchir les portiques  et ignorer les files sous le regard médusé des visiteurs.

Comme à son habitude, Catherine avait remarquablement préparé notre visite grâce à son Routard, en surfant sur plusieurs forums et blogs de globe-trotteurs.   Elle nous emmena à l’opposé de l’entrée dans la partie basse du parc.  En effet, le parc se divise en deux partie,  « upper lot » (section haute) et « lower lot »(section basse).  En chemin, elle nous expliqua qu’il était vivement conseillé de débuter la visite par lower lot de façon à éviter la masse des visiteurs entrant et, par conséquent, les files d’attente.  La partie haute surplombe LA ce qui nous oblige à emprunter une série d’escalators afin de rejoindre l’autre côté.  

 

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Faisant face au dernier escalator, l’attraction « Jurassic Park » nous attend portes grandes ouvertes.

 

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C’est avec une appréhension non dissimulée que minou nous accompagne d’un pas tremblant et les mains moites qui m’écrasent les doigts.  France, toujours très attentionnée, tente vainement de la rassurer : « T’inquiète maman ça va aller ce n’est pas la momie ! ».  Comme prévu, merci minou, pas la moindre attente avant de nous installer à l’avant de notre radeau.  Cette attraction est la plus ancienne des Studios Universal et a coûté la bagatelle de 100 millions de dollars autrement dit, deux fois plus que le premier volet de la série.  Notre balade au fil de l’eau ne dura pas plus de 4 à 5 minutes.  Au rythme des gondoles Vénitiennes, nous croisâmes deux brachiosaures broutant sur les berges, un paisible stégosaure, un parasaurolophus jaillissant de l’eau et quelques autres herbivores.  

 

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La tension monta d’un cran au passage d’enclos saccagés d’où s’étaient visiblement échappés de dangereux carnivores.

Plusieurs vélociraptors furent ainsi mis en scène pour reproduire quelques  passages du film.  Plus nous avançons et plus les cris sourds et intimidants du T-rex se faisaient entendre.  Notre embarcation stoppa net sous un pont pendant que les cris de la bête assoiffée de sang se rapprochaient furieusement.  Tout à coup, surgissant du haut du pont à travers une chute d’eau, un gros T-rex plongea toute gueule ouverte sur nous avant que notre radeau ne bascule dans le vide pour échapper aux dents acérées de la bestiole.

Cette attraction au combien sympathique est néanmoins vieillissante et se démarque des « Grands Splash » et « Rivières Sauvages » que nous connaissons par la qualité de la mise en scène et de ses décors qui nous replongent dans l’atmosphère du film.  Le vœu de Catherine était enfin exhaussé ; elle put quitter cette maudite barque !

 

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En sortant, nous nous sommes retrouvés face à l’entrée de « La Momie » dont la réputation n’était plus à faire.  Catherine saisit mon appareil photo et s’adressa à France et moi-même en ces termes : « Ça c’est hors de question, je n’y mettrai pas les pieds ! ».  Nous la laissons et c’est de nouveau sans file d’attente que nous sautons dans un wagon vers la pyramide ; prêts à affronter la colère de la momie.  Le concept de cette montagne russe commence également à dater mais le résultat est agréable.  Durant deux minutes environ, on est projeté à grande vitesse à travers les galeries sombres d’une pyramide.  Le manque de repères dû à l’obscurité réduit sensiblement les sensations en compensant la vitesse de l’engin.  Dès sa sortie, France s’empressa d’aller rassurer sa maman et de la convaincre de nous accompagner pour un bis repetita.  Seul hic, les règles de sécurité n’autorisent pas l’embarquement de sacs.  C’est donc délestés de 3$ par carte de crédit que nous laissons nos effets dans un « locker » sécurisé à l’aide de mes empreintes digitales.  Heureusement qu’il n’y a pas de file car le coût de la location s’élève à 3$ la demi-heure !

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L’étape suivante marquera indiscutablement un changement d’époque dans la conception des attractions à sensations fortes.  Les quatre minutes dans le monde des « Transformers » sont tout simplement ahurissantes, à un point tel que je n’imagine même pas comment pouvoir les décrire.  Il s’agit d’un savant mélange entre une montagne russe et un cinéma 3D de dernière génération.  La voiture « Transformers » dans laquelle nous avons pris place munis de lunettes 3D, se déplace réellement à très faible allure mais tourne sur elle-même, monte et descend brusquement à défaut de rapidement et tangue dans toutes les directions.  La qualité de l’image 3D est indescriptible et nous sommes plongés au cœur de la lutte entre les bonnes et les méchantes machines.  Il nous est impossible de sortir de ce monde virtuel sans ôter nos lunettes.  Pour couronner le tout, l’effet de plusieurs images est accentué par l’exploitation du sens du toucher.  Lors d’une collision avec des tonneaux remplis de produits toxiques, nous ressentons les éclaboussures, un passage dans une zone enfumée est appuyé par les fumigènes ou encore cette explosion où nous ressentons soudainement un souffle d’air très chaud.  Personnellement, je mettrai de longues minutes à m’en remettre tellement l’expérience virtuelle semblait réelle et tellement la performance fut de haut vol !

 

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En sortant de là nous nous sommes remis de nos émotions et visitons une exposition reprenant des costumes et accessoires ayant servis dans les films.  Voici 3 photos…. qui peut nommer tous les films illustrés par ces photos ?

 

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Après cela, nous nous sommes rendus au départ du petit train qui fait le tour des différents studios d’enregistrement du site ainsi que des endroits de tournages régulièrement utilisés dans des séries ou faisant partie de l’histoire du cinéma.  La visite d’une trentaine de minutes nous permis de revivre le tremblement de terre de San Francisco dans une station de métro (Voir petite vidéo ci-dessous), une scène évoquant une crue dans un pueblo, de passer devant certains véhicules célèbres comme par exemple la Ferrari de Magnum, de traverser des artères complètement reconstituées et dont seule la face avant représente les bâtiments, de passer à côté du Motel et de la résidence de Norman Bates de « Psychose », de déambuler dans le quartier résidentiel des « Desperates Housewives », de traverser la place où le Doc revoie la Dolorean dans le présent, d’assister à un petit show avec « Jaws »,…etc.  

Rem : ATTENTION,  les vidéos sont justes converties au format "Blog" mais pas montées ni vérifiées...

Vidéo "tremblement de terre" : https://www.facebook.com/video.php?v=10204966937082665&set=vb.1518488125&type=2&theater&notif_t=video_processed

Vidéo crue dans un pueblo : http://www.dailymotion.com/video/x28ooxq_mvi-0251_travel

Vidéo "Jaws" : http://www.dailymotion.com/video/x28op11_mvi-0269_travel

Désolé pour la Ferrari de Magnum mais je n'ai pas eu le temps de régler...

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Après quoi nous avons assisté à une projection 4D avec nos amis Shrek et l’âne que Catherine aime beaucoup.  Animation divertissante sans plus…

 

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Le show « Waterworld » vaut vraiment le détour.  Le décor du film éponyme accueille plusieurs cascadeurs de renom ayant un cv remarquable tant dans des séries policières  que dans de grosses productions.  Bagarres, explosions et courses poursuites se succèdent à un rythme effréné.  Le clou du spectacle étant sans aucun doute lorsqu’un avion est abattu et atterri littéralement juste devant nous après avoir été projeté de l’arrière du décor.

 

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Vidéo "Waterworld 1" : http://www.dailymotion.com/video/x28op22_mvi-0311_travel

Vidéo "Waterworld2" : http://www.dailymotion.com/video/x28op2f_mvi-0312_travel

 

Après la visite des studios en petit train, nous avions reçu un laisser/passer à usage unique pour éviter les files d’attente.  La clairvoyance de Catherine nous avait permis de ne jamais en avoir eu besoin.  A l’entrée de « Moi, moche et méchant », la file conséquente nous a poussés à sortir notre « sésame ».  En deux temps trois mouvements nous nous sommes installés dans une salle de cinéma interactive.  Le procédé est similaire à celui utilisé dans « Transformers » mais la technique est encore plus récente.  Le résultat est fou, fou, fou.  Jamais je n’ai hurlé autant et mes cris étaient entrecoupés de fous-rire aux larmes.  Si je devais décerner une Palme d’or, je n’hésiterais pas une fraction de seconde.

 

Finalement, nous avons assisté à une petite représentation expliquant plusieurs trucages utilisés depuis que le cinéma existe.  Ce spectacle instructif était fidèle à la réputation américaine, un show avec des volontaires pris dans le public, un assistant jouant les niais et les applaudissements réels mais rappelant ceux utilisés dans le « Muppet Show ».

Cette journée aux Studios Universal restera gravée à jamais dans nos mémoires.  J’avoue avoir, à plusieurs reprises, eu les larmes aux yeux rien qu’en me rendant compte que nous avions la chance d’être au milieu de décors de films ayant bercé notre enfance et qui nous ont tant fait rêver ou frissonner.  Peut-être aussi que l’émotion, produite par cette machine à remonter le temps qu’est la magie du cinéma, était trop difficile à contenir… 

Dans le prochain post, je vous expliquerai la promenade qui clôturera notre première journée et notre transition du lendemain entre Los Angeles et Palm Springs… à suivre. 

 

 

 

 

 

 

 

19 octobre 2014

Destination "Los Angeles"

1.1               Destination « Los Angeles ».

 

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Cinq heures dix du matin, le réveil sonne.  N’importe quel autre jour de l’année, nous aurions trouvé cela tôt, trop tôt, beaucoup trop tôt.   Mais aujourd’hui pas !  Quel merveilleux ordinateur qu’est notre cerveau, à la fraction de seconde il réagit pour annihiler tout réflexe Pavlovien lié au signal du départ vers notre lieu de travail et le remplacer par l’enthousiasme et l’excitation du voyage. 

Petite douche rapide et zou; brosses à dents, peignes, laque, déodorant et autres crèmes sont jetés dans le beauty case et rangés dans la valise.  Une fois fermée, celle-ci est protégée par un cadenas, pas vraiment pour éviter que l’on nous pique l’une ou l’autre petite culotte (pas de danger notre ami Eric n’est pas dans le coin…) mais surtout pour éviter qu’un individu mal intentionné, un malfaisant dirait mon gendarme de beau-père, n’y glisse une substance illicite à l’insu de notre plein gré.  En effet, si nous devions constater que notre valise avait été forcée, nous n’y toucherions pas et préviendrions le service de sécurité afin de nous disculper ipso facto… 

En matière de cadenas, saviez-vous que, pour les USA, vous avez tout intérêt à utiliser des cadenas ou bagages agrées « TSA ».  Ce type de verrouillage permet à la « Transportation  Security Administration » autrement dit la « TSA » de les ouvrir sans les endommager.  La lutte anti-criminalité accrue, drogue et terrorisme surtout, incite les autorités à, régulièrement, fouiller les valises et, s’ils n’ont d’autres possibilités que de les forcer, ils n’hésitent pas la moindre seconde.  Dans ce cas, ils y glissent un petit mot d’excuse le signalant.  Les criminels ayant toujours une longueur d’avance sur la police, je suis persuadé qu’Arsène Lupin dispose des mêmes clefs que les services de contrôles.  Enfin, cela évitera au petit trafiquant d’y planquer ses quelques grammes de poudre qui, dans certains pays, peuvent vous coûter très cher.

 

Revenons à nos moutons…  Contrairement aux jours d’école, France n’a éprouvé aucun mal à se lever et, comme par enchantement, elle est même prête avant nous… Valises bouclées, blouson sur les épaules, elle trépigne d’impatience devant la porte-fenêtre dans l’espoir de voir poindre le halo lumineux des phares de notre navette. A cinq heures quarante-cinq,  c’est l’explosion de joie : « Papa, maman, il est là, je vous le jure ce n’est pas une blague ».  Aucun doute possible, notre taximan, qui connait maintenant bien la maison, est ponctuel et même un petit quart d’heure en avance, probablement pour avoir le temps de fumer sa petite clope sur le parking.  Une dernière vérification  et nous embarquons en direction de Zaventem.  L’homme n’a pas changé, il parle toujours comme il roule c’est-à-dire comme Eric frappe au tennis diront les mauvaises langues hispaniques…comprenez « au ralenti ».

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Sept heures du matin tapantes nous chargeons le trolley et nous dirigeons vers le « check in ».  Surprise, plus de charmante hôtesse (pas de chance Eric…) mais une machine qui nous demande d’encoder tout ce que nous avons déjà du renseigner lors de notre réservation et dans la déclaration « Esta ». 

Remarques pratiques :

Pour tous ceux qui se poseraient la question de savoir ce qu’est l’ESTA, cela fait partie des nouvelles mesures de sécurité mises en place après les attentats du 11 septembre 2001 et qui n’est autre qu’une demande en ligne d’autorisation de voyage sur le territoire américain.  « Esta » obligatoire tant pour les adultes que pour les enfants, à demander au minimum 72 heures avant votre départ et à régler par carte de crédit au prix de 14$.  Là aussi, faites attention car de nombreux organismes vous proposent de remplir votre « Esta » pour vous faciliter la tâche mais vous serez alors débité de 20 à plus de 50$/personne suivant la gourmandise de votre commissionnaire.   Le Visa n’est pas obligatoire pour les belges  si votre séjour touristique ne dépasse pas 90 jours.

Bref, après nous être battus de longues minutes avec la machine en question, celle-ci nous vire gentiment du programme en nous conseillant de nous rendre auprès d’un guichet.   Nous ne saurons jamais pourquoi mais, comme bon nombre de voyageurs, notre enregistrement était finalement bien confirmé mais nous devions quand même repasser au guichet.  Peut-être s’agit-il d’une simple « tombola » qui tire au sort un pourcentage de passagers à contrôler doublement comme, par exemple, lors de notre arrivée au Mexique en 2011.  L’hôtesse nous précise que même si nous ne disposons que de peu de temps pour prendre notre correspondance, nous ne devrons pas nous soucier de nos bagages qui eux voyageront directement vers LA… (petit détail qui a son importance mais nous en reparlerons ultérieurement…)

Une fois tous les portiques franchis, nous avions une faim de loup et, c’est devant un petit sandwich au saumon pour moi et des viennoiseries pour mes petites loutres, que j’entamai le récit de cette journée… 

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Nous décollâmes finalement à l’heure prévue et mes craintes de voir se reproduire les mauvaises conditions de vol avec Qatar Airways s’envolèrent aussi rapidement que notre Airbus A330 de «Brussels Airlines».  En effet, j’avais largement assez de place pour mes grandes guibolles, la climatisation n’était pas excessive, les siège moins durs et le repas simple mais fin.  Whisky coca et chips en apéritif,  petite salade de poulet aux herbes en entrée, flétan sauce moutarde accompagné d’une purée et d’un petit vin blanc sec.  Un quartier de Camembert et une mousse aux fruits rouges avec un café sonneront pour moi l’heure de la sieste.  Le navet que j’avais choisi, « la planète des singes : l’affrontement » ne parvint pas à me tenir éveillé plus d’un quart d’heure. 

Après un vol sans encombres, on atterrit à « JFK », de loin le plus grand des aéroports New Yorkais.  N’ayant que très peu de temps avant le décollage en direction de Los Angeles, nous sortons parmi les premiers de l’avion et d’un pas soutenu nous nous rendons aux services de l’immigration.  Là, un agent de la sécurité m’intime l’ordre de me mettre dans la file de gauche mais celle de droite semblait plus petite donc je fais semblant de rien et me dirige tranquillement à droite…  Oups, les ordres c’est les ordres, on ne rigole pas aux States et le petit bonhomme en uniforme me l’a vite fait comprendre.  Patiemment, nous attendons donc dans la bonne file, enfin la bonne pour le petit bonhomme mais la mauvaise d’après moi… Et le temps passe et passe encore.  Heureusement, il n’y a que quatre personnes devant nous.  Nous avons été très inspirés de nous dépêcher car, depuis notre arrivée, il y a certainement deux autres avions qui ont débarqué leurs passagers.  Une charmante joueuse de tennis (et oui, même à New York on est rattrapé par le boulot..) s’adresse à moi en me demandant si elle peut passer devant car elle a une correspondance urgente à prendre…  Je lui aurais volontiers cédé la place mais nous sommes dans la même situation…  Après une trentaine de minutes, nous récupérons nos passeports en échange de nos empreintes (cette fois-ci le charmant douanier nous fait la grâce des empreintes d’orteils…Non…, je blague !) et fonçons en suivant les flèches « connecting flight ».  Voyant une famille courir sans bagages, un grand gaillard nous interpelle afin de savoir où nous allons.  Catherine lui répond que nous avons une correspondance à prendre pour LAX, l’aéroport de Los Angeles. 

Le gaillard répond d’un air surpris : «Sans bagages ? »

Cath sûre d’elle : « Oui, oui, ils sont déjà en route pour LA »

Le gaillard affirmatif : « Non, vous devez les prendre et… »

Cath  qui lui coupe la parole : « Si, d’après l’hôtesse à Bruxelles, ils suivent »

Le gaillard qui lui rend la pareille en agitant les mains et en me regardant l’air de me demander de l’aider à en placer une…: « NON »

Laurent qui comprend l’air dépité du gars qui ne demande qu’à nous rendre service : « Minou, laisse le parler stp, il a l’air sûr de son coup »

Le gars reprend alors son explication en nous guidant vers le tapis où nos bagages vont arriver et nous explique que jamais au grand jamais les bagages ne sont expédiés directement à la destination finale aux USA sans avoir été revérifiés lors des diverses escales.  Il nous laisse en souhaitant bonne chance et que, selon lui, c’était mission impossible de choper notre vol à temps pour LA. En effet, i faut, après les avoir récupérés, les réenregistrer, prendre le train jusqu’au terminal 7 à l’autre bout du site et repasser la sécurité pour une fouille en règle… Qu’à cela ne tienne, c’est le moment pour moi de jouer les « Supermen » pour sauver mes louloutes qui semblent paniquées.  France, furax, pense déjà à retourner régler son compte à l’hôtesse, non mais quel service ! Coup de chance, nos valises arrivent en même temps que nous.  On les jette sur nos épaules (pas de dollars pour un trolley, pfffff ) et partons en courant en direction du terminal 7.  Après quelques minutes de marathon, nous arrivons au check-in intérieur.  Coup de pot un guichet se libère.  Rebelote,  on éjecte nos valises et la course endiablée reprend.  Direction le « Air train » automatique qui dessert les divers terminaux de JFK.  Il nous faut sortir de l’aéroport, traverser deux routes en attendant que le feu rouge nous le permette car nous avons cru comprendre que l’on ne badinait pas avec le règlement ici.  Ca y est, nous arrivons enfin à la gare, essoufflés et en sueur mais nous y sommes !  Le 7 est à l’opposé.  Désavantage ; c’est le plus éloigné.  Avantage ; on peut prendre le train dans les deux sens.  Je regarde l’heure et constate que l’embarquement a débuté depuis 5 minutes déjà.  Dix grosses minutes plus tard, nous reprenons notre course à travers les escaliers, routes à traverser, porte d’embarquement à trouver…ouf, c’est la première devant nous et les portes sont toujours ouvertes.  Bon ok je n’ai pas du changer de vêtements en une fraction de seconde pour enfiler un petit slip moulant et une grande cape mais nous sommes dans l’avion et je me plais à croire que j’ai autant motivé mes puces à courir que leur peur de rester au sol à New York.

Ayant toujours des écouteurs gracieusement mis à disposition par les compagnies aériennes pour regarder les vidéos durant les vols, nous ne nous encombrons pas de casques.  Et bien, si vous prenez un vol intérieur aux USA, vous avez intérêt à en prévoir sinon cela vous coûtera 10$ par set…grrrr 

 

Durant le vol, le contenu d’un magazine de vente de produits de toutes sortes nous a bien fait rire.  En effet, nous y avons découvert un tas d’articles aussi étranges (et parfois kitsch) qu’inutiles comme :

Des petits saunas individuels en forme d’œuf à 15 000$

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Des cocons de sérénité pour les animaux fonctionnant grâce à la luminothérapie au prix de 1 000$

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Un robot-brosse automatique pour nettoyer grille du BBQ à 120$,

des décors de jardin tous plus fous les uns que les autres comme un « Big Foot » à plus de 2 200$ ou un zombie sortant de terre pour 100$...etc.

 

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